Lancement historique d’une fusée privée en orbite depuis l’Europe
«Nous sommes en orbite! Et nous venons d’écrire une page de l’histoire européenne: c’est la première fois qu’une fusée développée par le secteur privé est placée en orbite depuis l’Europe continentale», a déclaré la start-up Isar Aerospace sur X, suite au lancement réussi de sa fusée Spectrum, le samedi 5 septembre. Ce lancement a eu lieu depuis la base Andoya, située au nord du cercle polaire arctique, peu après 20h GMT (22h en Suisse). La fusée a emporté cinq satellites de type CubeSat, de la taille d’une boîte à chauss.
Ce lancement a été marqué par plusieurs mois de retard, imputables à des problèmes techniques et de sécurité. Un premier vol d’essai, réalisé en mars 2025, avait échoué, la fusée Spectrum retombant sur Terre et explosant. Fondée en 2018, la société allemande a apporté des améliorations à sa fusée, qui me 28 mètres de haut et peut transporter une charge d’environ une tonne. Isar Aerospace vise à se faire une place sur le marché des micro-lanceurs, conçu pour placer en orbite basse de petites charges utiles.
Traditionnellement, la société française Arianespace opère depuis la Guyane française. Cependant, l’Europe mise sur la concurrence entre Isar et d’autres entreprises pour réduire les coûts de lancement de satellites, à l’instar de SpaceX, qui domine le marché américain. Bien que les coûts des lancements soient souvent opaques dans l’industrie spatiale, il est généralement admis qu’un lancement par Arianespace est plus coûteux que ceux proposés par son concurrent américain.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a exprimé en juin son impatience quant au lancement d’Isar Aerospace, tout en se réjouissant des perspectives offertes par d’autres entreprises spatiales privées allemandes. L’Agence spatiale européenne a récemment sélectionné cinq constructeurs de mini-lanceurs européens pour les soutenir par des contrats, incluant Isar Aerospace, ainsi qu’une autre entreprise allemande (RFA), une anglaise (Orbex), une espagnole (PLD Space) et une française (MaiaSpace).
Cette initiative vise à stimuler la concurrence et à offrir une diversité de services de transport spatial en Europe. Avec l’émergence de sociétés privées américaines comme SpaceX et les retards dans la mise en service d’Ariane 6, l’Europe prend conscience de sa vulnérabilité dans le domaine spatial et cherche à réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis.
Source : Isar Aerospace

