Lire en pirate : pratiques clandestines de la lecture

La seule relation possible à la [lecture] aujourd’hui est une relation criminelle.

En janvier 2026, les accès les plus connus de la bibliothèque pirate Anna’s Archives ont été suspendus, provoquant l’inquiétude des étudiant.e.s et de leurs professeur.e.s qui téléchargent régulièrement de nombreux livres et articles sous forme de PDF ou d’e-book. Bien que cet événement puisse sembler anecdotique, il met en lumière le rôle crucial que ces bibliothèques jouent dans la diffusion de contenus variés souvent inaccessibles par d’autres moyens.

Difficile de ne pas établir un lien entre cette suspension et les politiques autoritaires qui exercent une pression croissante sur les librairies indépendantes, les bibliothèques, et plus largement sur le secteur culturel. Ces espaces se retrouvent en première ligne de défense de la démocratie et du pluralisme.

La récente perquisition policière de la librairie Violette and Co à Paris, connue pour son engagement féministe, antiraciste et antifasciste, ainsi que la réduction significative des financements alloués à l’industrie du livre, soulignent un anti-intellectualisme qui perturbe les modes de production et de circulation des connaissances. Plutôt que de les opposer, il est pertinent de considérer les bibliothèques pirates et les librairies indépendantes comme des infrastructures sociales et techniques qui garantissent une circulation d’une parole libre et diverse.

Bibliothèques pirates : enjeux et perspectives

Eloïse Vo

Artiste, doctorante à l’EPFL et à la HEAD – Genève (Hes-So)

Source : AOC Media

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