Pourquoi les sorties dans l'espace durent-elles 6 heures ?

Sophie Adenot doit mener ce 25 août sa deuxième sortie extravéhiculaire en à peine une semaine. Un périple qui va durer un peu plus de 6 heures, ce qui est devenu la durée habituelle de ce type d’opération, à la fois pour des raisons de sécurité et de technologie.

Le 25 août, Sophie Adenot effectuera sa deuxième sortie extravéhiculaire (EVA) en moins d’une semaine, une opération prévue pour durer 6h23. Cette durée a été observée lors de sa première sortie, qui a dépassé la durée combinée des deux premiers films du Seigneur des anneaux. La prochaine sortie, programmée pour le 25 août 2026, devrait s’inscrire dans cette même durée.

Cette durée standard des sorties extravéhiculaires a des implications concrètes pour les missions en cours. En effet, la première sortie, réalisée le 18 août avec l’Américain Anil Menon, n’a pas permis d’achever toutes les opérations prévues sur la Station spatiale internationale (ISS), nécessitant une nouvelle intervention.

En examinant l’historique des EVA à bord de l’ISS, il est évident que la plupart d’entre elles s’inscrivent dans un cadre temporel similaire. Cette constance est principalement due à l’autonomie limitée des scaphandres, qui est d’environ huit heures, comme l’explique Nathalie Tinjod, cheffe du projet Histoire de l’Agence spatiale européenne (ESA). « Cela pose une limite et nous tentons d’y insérer le maximum d’opérations », précise-t-elle.

La limite du scaphandre des astronautes

Avant chaque sortie, les astronautes doivent passer par une préparation minutieuse. Cela inclut le temps nécessaire pour enfiler le scaphandre et effectuer une pré-respiration, qui consiste à respirer de l’oxygène pur afin de prévenir la formation de bulles d’azote dans le sang, un risque dangereux lors de la décompression. Pendant cette phase, ils réalisent également des exercices pour préparer leurs muscles.

Le processus de préparation peut durer entre 20 minutes et 1h30, en fonction du protocole ou du type de scaphandre utilisé. L’objectif est d’utiliser au maximum le temps alloué par le scaphandre, qui dispose de ressources en eau et en oxygène limitées.

« Il faut faire preuve d’humilité »

Historiquement, les EVA pouvaient durer plus longtemps. Par exemple, une sortie de 8h56 a été réalisée en 2001 à bord de la navette spatiale Discovery. Toutefois, ces durées prolongées sont désormais évitées pour des raisons de sécurité. Les EVA sont physiquement exigeantes, nécessitant des efforts pour se déplacer et manipuler des outils, tout en faisant face à des imprévus.

Bien que ces opérations soient devenues presque routinières, elles demeurent complexes et peuvent entraîner des risques. Nathalie Tinjod fait une analogie avec la maternité : « C’est un processus universel, mais complexe, où tout peut mal se passer. Même en maîtrisant les procédures, il faut rester humble face à un environnement hostile. »

Source : Numerama

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