Pourquoi les meilleurs managers prennent trois mois de repos entre deux missions
Chez Médecins Sans Frontières (MSF), Jean-Baptiste adopte un rythme de travail atypique en prenant trois mois de repos après chaque mission de six mois. Cette approche, loin d’être la norme dans le secteur humanitaire, lui a permis de rester actif sur le terrain pendant plus de vingt ans.
Dans un environnement où l’urgence est omniprésente, cette décision peut sembler déconcertante. En effet, la culture du secteur valorise souvent la disponibilité constante et la réactivité. Cependant, Jean-Baptiste souligne que cette discipline est précisément ce qui lui a permis de durer dans un milieu exigeant.
Le piège de l’accélération
Le secteur humanitaire illustre les effets de la pression organisationnelle. L’urgence y est le mode opératoire habituel, générant une adrénaline et un sentiment d’utilité immédiat, mais elle peut également mener à l’épuisement. Jean-Baptiste évoque comment cette culture d’accélération pousse à agir plus rapidement, souvent au détriment de la réflexion.
Ce phénomène n’est pas exclusif aux ONG. Dans de nombreux environnements professionnels, ceux qui parviennent à travailler sous pression sont souvent admirés, tandis que ceux qui demandent à ralentir risquent d’être perçus comme peu fiables.
Les bases biologiques du management durable
Jean-Baptiste n’est pas médecin, mais il aborde la question du bien-être au travail sous un angle biologique. Il insiste sur l’importance de respecter les besoins fondamentaux tels que le sommeil et le repos. Selon lui, négliger ces éléments diminue la capacité de jugement et altère la qualité des décisions.
Des études en neurosciences corroborent cette observation, révélant que le manque de repos impacte directement les fonctions exécutives du cerveau, essentielles pour la créativité et la gestion de l’ambiguïté.
Ralentir pour performer
Le paradoxe de la performance est bien connu dans le sport : les athlètes d’élite ne s’entraînent pas plus longtemps, mais récupèrent mieux. Cette logique commence à être intégrée dans le monde du management, bien que souvent de manière insuffisante.
Jean-Baptiste a fait le choix de prendre systématiquement des périodes de repos, considérant ces pauses non comme un signe de faiblesse, mais comme une condition essentielle pour maintenir sa performance sur le long terme.
L’introspection comme compétence clé
Au-delà du repos, Jean-Baptiste pratique également l’introspection régulière, observant ses émotions et reconnaissant les signes de fatigue ou de stress. Cette compétence est vitale dans des environnements de travail à haute pression, permettant aux managers de mieux comprendre leurs propres limites et celles de leurs équipes.
Le courage de ralentir
Adopter un rythme de travail plus lent dans un milieu qui valorise l’accélération nécessite du courage. Jean-Baptiste a appris à poser des limites et à choisir la durée plutôt que l’intensité, ce qui lui a permis de rester actif dans l’un des environnements les plus exigeants.
En conclusion, la leçon essentielle de Jean-Baptiste est que savoir s’arrêter est crucial pour la durabilité professionnelle. Dans un monde où l’activité constante est souvent synonyme de performance, il est vital de reconnaître la valeur du repos.
Source : Journal du Net
