La Bataille de Gaulle : Une sortie en deux parties, un phénomène croissant dans le cinéma français
Le deuxième volet de La Bataille de Gaulle sera projeté au cinéma ce vendredi, une sortie avancée pour coïncider avec la Fête du cinéma. La première partie, cependant, n’a pas connu le même succès que Les Trois Mousquetaires, qui a ouvert la voie aux productions en diptyque.
Cette sortie a été programmée une semaine plus tôt pour coïncider avec la Fête du cinéma, qui débute le 28 juin. Réalisé par Antonin Baudry, le second volet suit Charles de Gaulle entre 1942 et 1944, jusqu’à la Libération, avec Simon Abkarian toujours dans le rôle du général et une apparition de Thierry Lhermitte.
Après Les Trois Mousquetaires et avant la suite de Kaamelott prévue pour la rentrée, ce film sur le général de Gaulle est divisé en deux parties, « L’âge de fer » et « J’écris ton nom », chacune durant environ 2h40. Ardavan Safaee, producteur du film et président de Pathé Films, explique que la décision de diviser le projet était prise dès le développement, l’ambition narrative étant trop grande pour un seul film.
Cette stratégie permet également de réaliser deux films pour un budget similaire à celui d’un blockbuster, environ 70 millions d’euros pour La Bataille de Gaulle, un coût comparable à celui du dernier Astérix. Safaee précise que cela permet de mutualiser les coûts de production, notamment pour les décors et les costumes, tout en optimisant la préparation.
Le producteur reconnaît qu’il y a une quinzaine d’années, une telle décision aurait suscité plus d’hésitations. Le succès de Les Trois Mousquetaires, avec six millions de spectateurs, a démontré que le public français était prêt pour ce type de film, ce qui a renforcé la confiance pour La Bataille de Gaulle.
Néanmoins, la première semaine de projection de La Bataille de Gaulle a enregistré deux fois moins d’entrées que le premier volet des Trois Mousquetaires au même moment. Safaee indique que la question n’est pas tant de savoir combien le deuxième film perd par rapport au premier, mais si la somme des deux parties est suffisante pour couvrir le budget total.
La sortie de films en plusieurs parties n’est pas une nouveauté en France. Safaee rappelle que la première adaptation au cinéma des Trois Mousquetaires en 1921 était divisée en douze ou quatorze parties, avec une sortie chaque semaine, créant ainsi un rendez-vous avec le public.
La capacité de rebondissement d’une histoire est un ingrédient crucial pour un bon diptyque, selon Caroline San Martin, maîtresse de conférences en cinéma à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle souligne que la nature du sujet est également déterminante. Si Les Trois Mousquetaires aborde des thèmes universels comme l’amour et l’amitié, La Bataille de Gaulle traite de sujets plus politiques, ce qui pourrait expliquer son accueil mitigé au box-office.
Durant sa troisième semaine d’exploitation, le premier volet de La Bataille de Gaulle a connu un rebond de 17 % de sa fréquentation, atteignant près de 900 000 entrées, mais reste loin des 2,3 millions d’entrées du premier film des Trois Mousquetaires.
Ces chiffres ne semblent pas décourager Safaee, qui envisage de produire une nouvelle adaptation des Rois maudits, une saga de Maurice Druon, qui pourrait donner lieu à sept films.
Source : Franceinfo
