Les moustiques : Pourquoi certains sont plus piqués que d’autres
Les moustiques montrent une préférence marquée pour certaines personnes, selon Frédéric Simard, entomologiste médical à l’Institut de recherche pour le développement. Cette attractivité n’est pas constante et dépend d’une combinaison de signaux que la recherche continue d’explorer.
Trois signaux, trois distances
Seules les femelles de moustiques piquent, utilisant des récepteurs sensibles pour détecter plusieurs indices. Le premier signal est le dioxyde de carbone que nous expirons, un mécanisme connu depuis plus d’un siècle. Ce signal active leur comportement de recherche à plusieurs dizaines de mètres.
À une distance d’environ dix mètres, l’odeur corporelle prend le relais, renforçant l’attraction. Enfin, à proximité, la température de la peau et l’humidité qu’elle dégage déterminent la cible.
Ce qui ne joue aucun rôle
Certaines idées reçues, comme une préférence pour certains groupes sanguins, sont infondées, selon Simard. Les études disponibles, souvent sur des échantillons réduits, n’ont pas établi de lien significatif. De même, la couleur de la peau, des yeux ou des cheveux n’influence pas l’attractivité.
Vingt-sept molécules sur un millier
Le corps humain émet entre 300 et 1 000 composés odorants, en grande partie produits par le microbiote cutané. Une étude a identifié 27 composés préférés des moustiques, révélant que ce n’est pas une molécule unique qui attire, mais un mélange. Les femmes enceintes au deuxième trimestre, par exemple, produisent un composé particulier, le 1-octène-3-ol, dont une légère augmentation peut faire une différence notable.
La bière rend attirant
Des études montrent que la consommation de bière accroît l’attractivité pour les moustiques. Ce phénomène résulte de trois effets combinés : l’élévation de la température corporelle, l’augmentation du dioxyde de carbone expiré et la modification de l’odeur de la peau. Une étude récente a démontré que les participants ayant consommé de la bière dans les 24 heures précédentes étaient 1,35 fois plus attractifs pour les moustiques.
Un enjeu qui dépasse la démangeaison
Comprendre ces préférences est crucial, surtout avec le changement climatique qui étend l’aire de répartition des moustiques. Le moustique tigre, vecteur du virus du chikungunya, s’est récemment déplacé vers des régions auparavant épargnées, augmentant ainsi le risque pour un nombre croissant de personnes.
Pour se protéger, il est conseillé de porter des vêtements amples, d’utiliser des moustiquaires et des répulsifs, et de limiter la consommation d’alcool. En cas de symptômes tels que fièvre ou éruption cutanée après des piqûres, une consultation médicale est recommandée.
Source : Futura Sciences



