Pour une culture du consentement, réhabiliter les capabilités du refus
Par Alexia Boucherie
L’année 2017 a marqué un tournant mondial dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles : les sociétés occidentales ont entrepris une réforme discursive, et pour certaines juridique, du consentement sexuel. La France a suivi ce mouvement avec des campagnes de prévention dans les universités, des plans de formation pour des agents dans le public et le privé, ainsi que des débats législatifs sur la définition du consentement. Le terme « éducation au consentement » s’est ainsi répandu dans le vocabulaire des institutions, des médias, et des applications de rencontre.
Cette évolution normative apparaît positive pour réduire le décalage entre la demande citoyenne et la réponse institutionnelle. Cependant, la culture du consentement nécessite que chacun·e soit en me de dire oui ou non librement. Les solutions proposées se concentrent sur l’éducation et la communication, tout en incluant des mes de répression. Cela implique le développement de compétences psycho-sociales pour comprendre et respecter le consentement, ainsi que des sanctions pour ceux qui ne respectent pas ces principes.
Au-delà de cette approche, se pose une question essentielle : dans quelles conditions le refus est-il réellement possible à exprimer et à s’autoriser ? Il est crucial d’examiner non seulement la volonté individuelle, mais aussi les conditions matérielles, symboliques et relationnelles qui rendent le refus praticable.
Cette réflexion est essentielle pour garantir que le consentement soit plus qu’un simple énoncé, mais bien une réalité vécue, permettant une sexualité égalitaire et épanouissante.
Source : AOC Media
