Des frites minuscules et une probable hausse des prix : la pomme de terre durement touchée par la sécheresse – franceinfo

Des frites minuscules et une probable hausse des prix : la pomme de terre durement touchée par la sécheresse

Avec la sécheresse sans précédent en France, les cultures sont en souffrance, notamment les pommes de terre, qui peinent à grossir par manque d’eau. La récolte, qui va bientôt débuter, s’annonce catastrophique, particulièrement dans le Nord, où les friteries doivent s’adapter.

La taille idéale d’une frite est généralement considérée comme étant de 12 centimètres, croustillante et fondante. Cependant, cette année, les frites seront plus petites. En raison des conditions climatiques, les pommes de terre ont moins grandi que d’habitude. Certains clients dunkerquois expriment des avis divergents sur l’importance de la taille. Un habitué déclare : « La taille, c’est important, très, très important. Plus c’est grand, plus c’est bon, on va dire. » En revanche, une autre cliente souligne que « ce qui est important, c’est le goût. Après, si c’est petit, on s’adapte. »

Elisabeth Demarthe, gérante de la friterie « Au cœur de Babeth » à Dunkerque, constate déjà les conséquences des mauvaises récoltes. Elle explique que les dernières pommes de terre récoltées par son agriculteur sont beaucoup plus petites que d’habitude, rendant leur cuisson plus difficile. « Elles cuisent très vite et deviennent dures, il n’y a plus la chair dedans. Ça fait des chips, quoi », résume-t-elle.

La production de pommes de terre chute drastiquement dans toute la France. Sur les parcelles d’un agriculteur de Quaëdypre, aucune goutte de pluie n’est tombée pendant deux mois. Cette situation entraîne une diminution du nombre de pommes de terre par hectare, et celles-ci ne sont pas suffisamment grosses pour intéresser les industriels. Benjamin Janssen, producteur de pommes de terre et président de la section l’UNPT du Nord, précise : « En industrie, il faut au minimum 70% de pommes de terre supérieures à 50 mm, soit 5 cm. Malheureusement, la majorité d’entre elles passe à travers. »

Actuellement, un tiers du chiffre d’affaires de certains producteurs, soit environ 150 000 euros, reste en suspens. Ils espèrent que les entreprises du secteur vont revoir leurs exigences. Benjamin Janssen confie : « Moralement, ce n’est pas évident. On a un petit peu l’épée de Damoclès. »

Alors que l’année précédente a été marquée par une surproduction historique, les prochains mois pourraient voir une pénurie de pommes de terre, entraînant une hausse des prix dans la filière.

Source : Franceinfo

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