Pollution de l’eau du robinet au CVM :

Pollution de l’eau du robinet : « Il faudrait 100 ans pour renouveler notre réseau », alerte un syndicat des eaux dans le Gers

La présence de chlorure de vinyle monomère (CVM), substance cancérogène, dans les anciennes canalisations prive plusieurs villages du Gers d’eau potable depuis plusieurs années. Ce problème majeur de santé publique semble loin d’être résolu, le syndicat des eaux de l’Arrats et de la Gimone alertant sur le coût prohibitif des travaux nécessaires au remplacement des réseaux.

Gérard Espiau, un retraité de Saint-Antonin, est l’une des victimes de cette situation. Depuis deux ans, il n’a plus accès à une eau potable. Les canalisations en PVC, installées il y a environ cinquante ans, sont à l’origine de cette contamination. Les analyses récentes montrent une augmentation alarmante du taux de CVM dans son eau, passant de 3,1 microgrammes par litre (µg/L) à 8,6 µg/L, alors que la limite fixée par la réglementation européenne est de 0,5 µg/L.

Le syndicat SIAEP de l’Arrats et de la Gimone, qui gère la distribution de l’eau potable dans cette région, a pris connaissance de ces résultats préoccupants. Son président, Patrick Pasquali, a souligné qu’environ 600 mètres de réseau doivent encore être remplacés dans le secteur de M. Espiau.

Des travaux de renouvellement des canalisations ont été engagés, mais la lenteur et le coût de ces opérations sont préoccupants. Le syndicat dispose d’un budget annuel de 700 000 euros, mais le renouvellement complet du réseau, qui s’étend sur 700 kilomètres, nécessiterait entre 100 000 et 150 000 euros par kilomètre, impliquant un délai de 100 ans pour un renouvellement total.

Actuellement, le syndicat ne reçoit aucune aide publique, notamment de l’Agence de l’eau, ce qui l’oblige à se concentrer sur des actions ciblées. Une dizaine de kilomètres de canalisations ont été remplacés jusqu’à présent, mais de nombreux autres travaux restent à faire, notamment sur des réseaux en fonte et en acier.

En conséquence, le syndicat envisage d’augmenter le prix de l’eau pour financer ces renouvellements. D’ici la fin de l’année, M. Espiau devrait enfin bénéficier d’une eau potable, mais le chemin reste long pour l’ensemble des communes concernées.

Source : La Dépêche

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