Pollution atmosphérique : le chauffage au bois dans le viseur de l’Anses
Le chauffage domestique au bois est identifié comme une « source majeure » de pollution de l’air, en particulier durant les mois d’hiver et dans les zones à forte densité de population, selon un avis publié par l’Anses le 9 avril. L’agence recommande de renforcer les efforts de surveillance et de renouvellement des installations.
Entre décembre 2020 et février 2021, en France métropolitaine, le chauffage domestique au bois a été responsable de 77 % des concentrations atmosphériques en particules organiques, 72 % pour le carbone suie, et 40 % pour les particules fines (PM 2,5), indique l’Anses.
Environ 7,5 millions de ménages en France utilisent le bois comme source de chauffage. Les types de bois utilisés contiennent des éléments tels que cellulose, lignine et tannins, qui, lors de leur combustion, génèrent divers composés. Cette combustion produit un mélange complexe de particules et de gaz, comprenant des particules fines (PM 2,5), du monoxyde de carbone (CO), des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), du benzène (C6H6) et des oxydes d’azote (NOx).
La contribution du chauffage au bois à la pollution atmosphérique varie selon les régions, étant plus marquée dans le sud et l’est de la France, ainsi que dans les zones montagneuses où la dispersion des polluants est limitée. À Paris, par exemple, le chauffage au bois d’appoint et d’agrément est un contributeur significatif à la pollution de l’air extérieur.
Les appareils de chauffage anciens, tels que les foyers ouverts, sont les plus polluants. De plus, un fonctionnement inapproprié et un taux d’humidité du bois inadapté augmentent les émissions polluantes. La pollution provenant du chauffage au bois peut avoir des conséquences sur la santé respiratoire, ORL et cardiovasculaire, exacerbant des pathologies comme l’asthme ou la bronchopneumopathie chronique obstructive.
En 2021, un plan d’actions a été lancé par le ministère de la Transition écologique avec l’objectif de réduire de 50 % d’ici 2030 les émissions de PM 2,5 liées au chauffage au bois dans les zones les plus touchées. Pour atteindre cet objectif, l’Anses préconise de continuer et d’intensifier les actions de soutien au renouvellement des appareils anciens, d’améliorer le contrôle des installations, et de sensibiliser les usagers aux bonnes pratiques.
Source : Anses
