Présence de polluants éternels dans l’air du Grand Est : une étude révèle des niveaux faibles
C’est une première : grâce à une étude menée en 2024 et 2025, ATMO Grand Est a pu démontrer que les PFAS, appelés aussi polluants éternels, étaient présents dans l’air ambiant des principaux bassins de vie de la région, mais à des niveaux faibles.
Une étude exploratoire a été réalisée pour mieux comprendre la présence des PFAS dans l’air ambiant de la région. ATMO Grand Est a dévoilé les résultats d’une analyse menée sur deux ans, en 2024 et 2025. « On sait que les polluants éternels sont présents dans l’eau, les sols et les aliments, explique Eric Herber, ingénieur chez ATMO Grand Est en charge de l’étude. Ils sont surveillés et l’on en parle beaucoup. Mais jusqu’à présent, du côté de l’air, il y a eu très peu d’investigations. »
Les PFAS, ou substances per- et polyfluoroalkylées, sont des composés chimiques synthétiques très persistants dans l’environnement. Utilisés depuis les années 50 pour leurs propriétés (antiadhésives, imperméabilisantes et résistantes à la chaleur), ils se retrouvent dans divers produits comme les textiles et les emballages. Lorsqu’ils sont fabriqués, utilisés ou éliminés, ils peuvent contaminer les sols, l’eau et l’air.
Les connaissances sur la présence des polluants éternels dans l’air sont encore très limitées en France, ce qui renforce l’importance de cette étude. « La me des PFAS dans l’air est très complexe à mettre en œuvre, poursuit Eric Herber, car les niveaux sont extrêmement faibles. Nous avons donc mis en place deux méthodologies complémentaires : des prélèvements actifs, qui aspirent l’air sur une courte durée, et des prélèvements passifs, une cloche en inox dans laquelle on a placé une mousse imprégnée de résine pendant trois mois. »
Au total, huit points de prélèvements ont été établis à Reims, Revin (dans les Ardennes), Metz, Nancy, Strasbourg et Mulhouse. Les quantités de PFAS collectées entre le 9 juillet et le 8 octobre 2024 ont varié entre 12,6 picogrammes par m3 sur le site de Mulhouse et 24,3 picogrammes par m3 sur le site de la Roberstau à Strasbourg. Lors de la deuxième salve de mes, effectuée entre le 11 février et le 13 mars 2025, les niveaux ont été inférieurs, variant entre 1,8 picogramme par m3 à Revin et 11 picogrammes par m3 à Geispolsheim. Les concentrations sont donc plus élevées en hiver qu’au printemps.
« Les polluants éternels sont donc bien présents dans l’air ambiant, même dans des environnements éloignés de sources industrielles directes, précise Eric Herber. Il n’y a pas de grosses disparités entre les sites : on les retrouve partout mais dans des concentrations faibles, ce qui ne signifie pas qu’il ne faut pas s’en inquiéter, car l’impact sanitaire des polluants éternels dans l’air comporte encore beaucoup d’inconnues. »
Les concentrations mesurées dans le Grand Est sont comparables à celles observées dans d’autres zones urbaines françaises, hors influence industrielle spécifique. Les PFAS à chaîne longue, typiques d’une pollution de fond urbaine, dominent. Ces polluants sont surtout présents sous forme gazeuse, mais une part significative est associée aux particules fines, favorisant leur transport et leur dépôt dans l’environnement. Cette pollution diffuse résulte de phénomènes de combustion, de remises en suspension de particules, et de rejets atmosphériques.
Cette étude constitue une première étape pour établir une surveillance plus pérenne, dans le but de mieux comprendre la présence et la répartition des PFAS dans l’air.
Source : ATMO Grand Est.