Polina Panassenko explore les victimes du Goulag dans un roman d’enquête familiale

À voix haute : Polina Panassenko sur les traces des victimes du Goulag

La romancière franco-russe Polina Panassenko explore dans son second roman, À voix haute, l’héritage lourd de la répression soviétique sous Staline. Publié le 21 août 2026 aux éditions de l’Olivier, ce roman figure dans plusieurs sélections pour des prix littéraires, dont le prix littéraire Le Monde.

L’histoire suit une jeune femme de 20 ans, d’origine russe, qui rêve de devenir actrice. Élevée en France par son père veuf et une voisine militante communiste, elle décide de s’inscrire à l’École du théâtre national de Moscou. Après avoir réussi les auditions, elle s’installe chez son grand-père à Moscou. Dans cette école, les méthodes d’enseignement sont archaïques, et les professeurs, bien que redoutés, sont idolâtrés par les élèves.

En parallèle, des manifestations éclatent en réponse à la réélection de Vladimir Poutine. La jeune femme partage son quotidien avec son cousin et son grand-père, dont les silences éveillent sa curiosité. Intriguée par le passé familial, elle commence une enquête qui la mène sur les traces de son arrière-arrière-grand-père, déporté au Goulag et jamais revenu.

Panassenko met en lumière le poids des silences et des non-dits dans une famille marquée par la répression. À travers les mots qu’elle parvient enfin à prononcer, tels que « victime des répressions politiques » et « réhabilitation », elle commence à reconstruire une mémoire familiale fragmentée. Le roman aborde la transmission de la peur et du trauma à travers les générations, soulignant que « la peur se transmet de génération en génération ».

L’héroïne retrace le parcours de son aïeul, Rebizov, arrêté en 1937 et mort en 1938, pour des raisons politiques, illustrant ainsi la brutalité et l’arbitraire du régime stalinien. À travers son périple, elle découvre le vide laissé par l’absence de reconnaissance des crimes du Goulag, où, comme le souligne l’extrait du livre, « personne n’a eu à répondre de l’arrestation et de la mort d’Ivan Evdokimovitch ».

À voix haute est ainsi un roman qui interroge la mémoire collective face à l’oubli et la répression, tout en offrant un regard critique sur la Russie contemporaine.

À voix haute de Polina Panassenko, éditions de l’Olivier, 272 pages, 19,5 euros.

(Source : Franceinfo)

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