Cela peut dégénérer du côté des éleveurs : polémique autour d’une louve abattue dans les Alpes-de-Haute-Provence
Une louve a été abattue ce vendredi 17 juillet par un lieutenant de louveterie dans les Alpes-de-Haute-Provence, après un tir de défense. La découverte d’un collier GPS sur l’animal suscite la polémique chez les agriculteurs, qui demandent davantage de transparence aux services de l’État.
Les éleveurs des Alpes du Sud expriment leur colère. Ils s’interrogent sur le relâchement d’une louve dans leur région. « Aujourd’hui, on attend une réponse de l’État, dont nous allons rencontrer les représentants cette semaine », déclare Benjamin Ferrand, président du syndicat agricole des Jeunes Agriculteurs (JA) du 04.
L’affaire débute le 10 mai dernier, lorsque la louve est retrouvée vivante dans un piège à renard en Seine-Maritime. Suite à une « décision gouvernementale », elle est relâchée dans la Drôme, équipée d’un collier émetteur pour suivre ses déplacements, comme l’indique l’Office français de la biodiversité (OFB).
Le 17 juillet, la louve est abattue à la Bréole, dans le cadre d’un tir légal de défense. « Elle a été prélevée en train d’attaquer des troupeaux. L’État nous a confirmé le soir même qu’il s’agissait de cette même louve », as Benjamin Ferrand. Avant cet incident, une plainte avait été déposée le 8 juin par le syndicat agricole pour « mise en danger de la vie d’autrui », considérant le relâchement de la louve comme « irresponsable ».
Les éleveurs estiment que l’État leur a assuré que la louve n’avait pas été relâchée dans leur secteur, mais plus loin dans l’arc alpin. Cependant, des doutes persistent. « C’est possible, ça marche beaucoup un loup. Mais prouvez-nous ce que vous affirmez ! », souligne Ferrand.
La situation est d’autant plus tendue que les agriculteurs rapportent des attaques de troupeaux ces dernières semaines, suspectant la louve abattue d’en être responsable. Ils demandent donc l’accès aux données GPS de l’animal.
Selon l’OFB, la louve aurait parcouru plus de 500 kilomètres en deux mois, explorant quatre départements avant de se sédentariser au sud du lac de Serre-Ponçon, se nourrissant principalement de proies sauvages.
Les agriculteurs insistent sur la nécessité d’obtenir des informations sur les comportements de l’animal. « Si l’État ne nous donne pas les informations, cela peut dégénérer du côté des éleveurs », avertit Benjamin Ferrand.
La question du loup dans la région reste complexe. Depuis février 2026, le loup n’est plus considéré comme une espèce strictement protégée par l’Union européenne, modifiant ainsi les règles autorisant les tirs de défense. Cette évolution est perçue comme une victoire pour les éleveurs, qui réclament des moyens supplémentaires pour protéger leurs troupeaux, mais représente une défaite pour les associations de protection des loups.
Source : France 3 Provence-Alpes.
