Plongées sauvages : Les conseils d’un champion pour éviter les drames
Un nouveau drame a touché Marseille le 9 août. Deux jeunes de 18 ans ont été blessés après avoir plongé depuis les rochers de la plage des Catalans, dans une zone où la profondeur était insuffisante. L’un d’eux pourrait être paralysé à vie, son pronostic moteur est engagé.
Pour éviter de tels accidents, Lionel Franc, alias Loulou des Calanques, s’est engagé bénévolement dans la prévention auprès des jeunes. Depuis Cassis, il rencontre ceux qui souhaitent sauter pour les conseiller. Des collèges, des lycées et des municipalités font appel à lui. Il souligne que « l’interdiction ne va pas forcément fonctionner », lui qui détient le record du monde de saut de falaise la tête en avant à 36 mètres de hauteur.
Lors de ses interventions, il constate que les jeunes sont « dans le respect », mais qu’ils n’ont pas toujours conscience du danger. « Dans l’eau, ce n’est pas comme au sol. Il y a une forte impossibilité à se secourir seul », prévient-il, ajoutant que même sans fracture, de nombreux facteurs peuvent favoriser la noyade.
Lionel Franc rappelle que « un saut raté peut entraîner une coupure de respiration. Il faut l’équivalent d’une tasse à café pour remplir les deux poumons, ce qui peut engendrer une panique et déboucher sur une noyade. » Pour limiter les risques, il conseille de plonger en groupe et de jouer « collectif ».
Recommandations de sécurité
Savoir lire le fond : Avant de sauter, il est crucial de repérer l’environnement. La question essentielle est : « Est-ce qu’il y a une corniche sous-marine que je pourrais toucher ? ». Même sans corniche, si le fond est à 3 mètres et que vous sautez de 10 mètres, vous risquez de toucher le fond.
Analyser le rocher : « Si le rocher est penché, vous pouvez le percuter en sautant. Il faut choisir un rocher droit », précise Lionel Franc. Les rochers de la Corniche Kennedy à Marseille, souvent utilisés par les plongeurs sauvages, présentent ce risque.
Adapter la hauteur à ses capacités : Il est évident de ne pas choisir un rocher de 18 mètres si vous êtes jeune et peu expérimenté. Cependant, la recherche de sauts extrêmes est souvent encouragée par les réseaux sociaux.
Lionel Franc explique que la vitesse et le poids à l’impact sont significatifs : « Je fais 70 kg. Quand je plonge de 36 mètres, je fais 1,3 tonne. J’arrive à 100 km/h et en une demi-seconde, au passage dans l’eau, je passe à 0 km/h. »
Ces recommandations visent à sensibiliser les jeunes aux dangers des plongées sauvages et à promouvoir des pratiques plus sûres.
Source : France 3 Régions



