On ne lutte pas contre la nature : Plantes et arbres à éviter face à la sécheresse
Adieu hortensia, rhododendron, fuchsia, bégonia, camélia. Transformées en fantômes végétaux aux fleurs et feuilles brûlées par la chaleur, elles n’ont pas résisté à la sécheresse. Dans les jardins, les bouleaux, peupliers et tilleuls font aussi grise mine, victimes de la température ambiante élevée. De nombreux végétaux n’ont pas survécu aux vagues caniculaires et à une terre aride.
À 80 ans et des poussières, Gérard, un habitant de Cuers, a laissé faire la nature. « Je n’arrose plus. Même avec le goutte-à-goutte. Certaines plantes brûlent sur pied, et rien n’y fait. Il faudra remplacer par d’autres plantations. On ne lutte pas contre la nature ». Cet amateur a déjà entrepris, les années précédentes, un renouvellement des végétaux, et ses conseils sont désormais pris en compte.
Les végétaux à éviter
D’expérience, les jardiniers varois ont tiré un trait sur certaines espèces, encore disponibles en jardineries, qui demandent beaucoup d’eau ou qui souffrent rapidement dès les fortes chaleurs :
- Les pelouses, qui sèchent et jaunissent sans un arrosage intensif.
- Les hortensias, rhododendrons, azalées et camélias exposés au soleil, nécessitant une humidité constante.
- Les fougères, bégonias, impatiens et pétunias.
- L’érable du Japon, dont le feuillage brûle au soleil.
- Certains bambous, qui nécessitent une forte consommation d’eau.
Les végétaux à privilégier
À l’inverse, certaines espèces se montrent plus résistantes à la sécheresse et nécessitent moins d’arrosage. Les végétaux endémiques, piliers du maquis et de la garrigue, sont à privilégier :
- Lavande, romarin, thym, sauge officinale, origan, laurier-rose, ciste, genêt d’Espagne, lentisque, filaire, myrte, santoline.
- Arbres adaptés comme l’olivier, le chêne vert, l’arbousier, le cyprès de Provence, le micocoulier, le caroubier, le pin parasol et le pin d’Alep (attention au risque incendie pour ces derniers).
- Plantes à fleurs peu gourmandes en eau telles que l’agapanthe, la gaura, la sauge de Russie, les œillets méditerranéens, la verveine de Buenos Aires, la bougainvillée (à l’abri), l’immortelle et la gaillarde.
- Plantes grasses et succulentes : agave, aloé, sedum, yucca, figuier de Barbarie.
- Graminées ornementales : Stipa tenuifolia (appelé cheveux d’ange), fétuque bleue.
Prise en compte du risque incendie
Le choix des végétaux est également crucial pour limiter la propagation d’un incendie, notamment dans les départements exposés aux feux de forêt. Comme le rappelle le colonel honoraire Pierre Schaller, il n’existe pas d’arbres « anti-feux », mais certaines variétés peuvent résister ou limiter la prolifération. « Les pommes de pin sont des petites grenades qui s’enflamment et se projettent plus loin », souligne-t-il.
Il est recommandé d’opter pour des variétés telles que le chêne vert, le chêne pubescent, l’arbousier, le caroubier, le micocoulier, le figuier, les oliviers entretenus, le laurier-tin et le cornouiller. À l’inverse, les pins d’Alep, pin maritime, cyprès et thuyas en haie dense doivent être évités près des façades. Les eucalyptus, genêts et cistes en grande masse non entretenue, ainsi que la végétation basse sèche, présentent également des risques en période de sécheresse.
Bonnes pratiques incendie
Pour réduire les risques d’incendie, plusieurs bonnes pratiques doivent être respectées :
- Respecter le débroussaillement obligatoire.
- Espacer les plants pour éviter la continuité du couvert.
- Élaguer les branches basses (2-3 mètres du sol).
- Créer des zones tampons minérales.
- Entretenir régulièrement en éliminant le bois mort.
- Éviter les haies résineuses continues près des zones boisées.
La prise de conscience de l’importance de ces choix végétaux face aux défis climatiques actuels est essentielle pour la préservation des jardins et la sécurité des habitations.
Source : Nice Matin


