Cyberattaque contre le fisc : l’association AC ! Anti-corruption dépose plainte
Après la récente cyberattaque visant la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), l’association AC ! Anti-corruption a déposé une plainte contre X auprès du parquet national financier (PNF). L’association demande que « toute la lumière soit faite » sur d’éventuelles complicités internes et sur l’utilisation des budgets alloués à la sécurisation du système d’information de la DGFiP. Elle réclame également un report de la généralisation de la facturation électronique, prévue pour le 1er septembre 2026.
La plainte fait suite à un piratage qui a suscité des préoccupations croissantes, alors que la France s’apprête à tenir un Conseil de défense en présence d’Emmanuel Macron. AC ! Anti-corruption, fondée en 2021, se consacre à la lutte contre la corruption des élus, à la défense de l’intérêt général et à la protection des lanceurs d’alerte.
Dans ce cadre, la plainte évoque plusieurs infractions potentielles, notamment la corruption, la violation du secret fiscal et le vol de données. L’association précise qu’elle ne cherche pas à incriminer l’administration fiscale, mais plutôt à déterminer s’il y a eu un acte individuel de corruption facilitant les cyberattaques.
Des soupçons de corruption ?
Marcel Claude, président de l’association, a déclaré à l’AFP que « AC ! demande que toute la lumière soit faite sur l’origine des intrusions, leurs éventuelles complicités et la destination des données dérobées ». Pour l’heure, les investigations en cours n’ont pas révélé de complicité manifeste d’agents de l’administration. L’enquête se concentre sur un compte d’employé compromis avant l’attaque, sans preuve que des identifiants aient été fournis par un agent corrompu en lien avec le groupe ZeroBytes, qui a revendiqué le piratage.
Le point sur les budgets et la facturation électronique
La plainte souligne également la nécessité d’examiner la gestion des budgets alloués à la maintenance et à la sécurisation des systèmes d’information de la DGFiP. AC ! Anti-corruption souhaite également revoir les conditions de sous-traitance de ces missions à des prestataires privés.
L’association insiste sur l’urgence de reporter la généralisation de la facturation électronique, qui obligera toutes les entreprises, y compris les micro-entrepreneurs, à gérer des factures numériques. Elle exige que des garanties concrètes en matière de cybersécurité soient mises en place avant la mise en œuvre de cette réforme.
Pour l’instant, le ministère des Finances a confirmé que la réforme se poursuivra comme prévu, en rappelant aux plateformes impliquées les exigences de cybersécurité. David Amiel, ministre en charge de la réforme, a assuré que la France applique des normes de sécurité parmi les plus strictes en Europe.
Cette situation soulève des inquiétudes parmi les experts en sécurité, qui craignent une augmentation des violations de données à l’avenir.
Source : 01net

