À La Ciotat, la Grande Plage au cœur d’un conflit entre restaurateurs et État
À La Ciotat, dans les Bouches-du-Rhône, la situation sur la Grande Plage s’intensifie. Un couple de restaurateurs a récemment réinstallé 330 transats sur cette plage, après que leur matériel ait été saisi par l’État en juin dernier, qui a jugé leur occupation illégale. Evelyne Lelieur, co-gérante des établissements côtiers KS13 et La Vague, a déclaré : « J’ai réinstallé la totalité de mon mobilier de matelas, tous les transats, les parasols et les tablettes, en toute illégalité ».
La saisie des transats a eu lieu le 25 juin 2026, lors d’une opération menée par la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), accompagnée de la police nationale et d’autres agences. Selon la préfecture des Bouches-du-Rhône, cette intervention visait à mettre fin à une occupation non autorisée du domaine public maritime, après plusieurs demandes de mise en conformité restées sans réponse.
Le matériel a été restitué aux propriétaires, qui ne peuvent le conserver plus d’un mois. En réponse à cette décision, les restaurateurs ont décidé de réinstaller les équipements, estimant leur manque à gagner à 200 000 euros pour le mois précédant la récupération de leur matériel.
Pour comprendre le différend entre les restaurateurs et les autorités, il est essentiel de revenir sur une décision prise le 4 août 2025, lorsque la DDTM a reculé le trait de côte derrière les restaurants de la Grande Plage. Cette décision a placé le site dans le domaine public maritime de l’État, remettant en question les droits d’exploitation des restaurateurs.
Evelyne Lelieur conteste cette décision, affirmant que la mairie doit lui déléguer le lot d’exploitation, le contrat étant en cours jusqu’à décembre 2027. Elle a déclaré : « J’assume d’être hors-la-loi, car ce sont les hauts fonctionnaires territoriaux et d’État qui sont des bandits dans cette histoire. »
La préfecture a réagi en déclarant qu’elle met en œuvre les procédures juridiques nécessaires pour faire respecter la loi et garantir l’accès libre et gratuit à la plage. Actuellement, sept procédures judiciaires et administratives sont en cours, et Evelyne Lelieur est convoquée au tribunal administratif le 24 août prochain.
Article écrit avec les propos recueillis par Mariella Coste et Michael Flores / France 3 Provence-Alpes



