Pirater un Boeing 737 : un dispositif permet de détourner un avion en 60 secondes

Pirater un Boeing 737 en 60 secondes : ce minuscule boîtier peut permettre de détourner un avion

Pirater un Boeing 737 en 60 secondes : un boîtier minuscule en cause

Un boîtier de la taille d’une pièce de monnaie permet de pirater un Boeing 737 en moins d’une minute, selon des chercheurs américains. Cette découverte met en lumière une faille dans un ancien protocole de communication encore largement utilisé dans l’aviation.

Des chercheurs de l’Université de Californie à San Diego (UCSD) et d’Oberlin College ont démontré que le piratage de l’avion ne prenait pas plus de 60 secondes grâce à un petit boîtier électronique.

Intrusion sur le tarmac

L’attaque simulée par les chercheurs commence sur le tarmac, entre deux vols ou pendant une opération de maintenance. L’attaquant peut accéder à la baie regroupant certains équipements électroniques de l’avion, où ils ont identifié un port de maintenance inutilisé. Ce port, accessible depuis le sol derrière une trappe extérieure souvent non verrouillée, est destiné aux opérations d’entretien.

Une menace de la taille d’une pièce de monnaie

L’installation du dispositif sur la prise de maintenance ne prend pas plus d’une minute. Le boîtier, discret et facile à transporter, coûte environ 100 dollars à fabriquer. Il est composé d’un microcontrôleur, de composants adaptés au réseau de bord de l’avion, et d’une puce Wi-Fi. Une fois installé, il peut rester caché sous le capuchon du connecteur de maintenance.

Le port ciblé donne accès à un réseau filaire interne reposant sur le protocole ARINC 429, utilisé pour faire circuler des informations entre les ordinateurs de l’avion.

Un protocole qui remonte aux années 1970

Les chercheurs soulignent l’ancienneté de ce protocole, créé dans les années 1970, qui ne dispose pas de mécanisme de chiffrement. Cela signifie que le système peut lire les informations sans vérifier l’identité de l’expéditeur. Ainsi, un dispositif malveillant pourrait envoyer des commandes aux ordinateurs de l’avion.

Une trajectoire modifiée

Une fois connecté, l’implant pourrait permettre à un attaquant de modifier le plan de vol de l’avion, éloignant ainsi le Boeing 737 de sa destination. De plus, une manipulation des données essentielles à la préparation du décollage pourrait compromettre le bon fonctionnement de l’appareil.

Un risque réel faible

Les chercheurs notent que la mise en œuvre de cette attaque est complexe et nécessite une préparation minutieuse. Boeing a été informé du problème en 2020 et estime que les protections intégrées à l’appareil et les procédures de contrôle au sol limitent considérablement les risques d’une telle attaque. Les chercheurs recommandent de retirer ou condamner le connecteur vulnérable et d’ajouter un mécanisme de chiffrement sur tous les avions.

Source : Wired

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