Piratage du fisc : qui se cache derrière « ZeroBytes », le duo qui revendique le vol massif de données ?
La France est devenue le deuxième pays le plus attaqué au monde par les cybercriminels, juste derrière les États-Unis. Plus inquiétant : ces attaques concernent de plus en plus souvent des données sensibles. En juin dernier, le fisc a subi un vol massif de données, revendiqué par un groupe se faisant appeler « ZeroBytes ».
C’est dans un message publié le 12 août sur un forum cybercriminel, repéré par le site spécialisé FrenchBreaches, que les pirates informatiques ont assumé la responsabilité de l’attaque ayant visé le site des impôts. Ils affirment avoir réussi à s’introduire dans le réseau privé virtuel (VPN) utilisé par les agents du fisc pour se connecter à distance à leurs outils internes.
Par ce biais, les pirates ont récupéré les données de plus de 678 000 contribuables, notamment leur état civil, leurs coordonnées postales, leur revenu fiscal de référence, leur situation familiale et leur taux de prélèvement à la source. Le groupe affirme proposer ce fichier à la vente sur le « dark web » pour plusieurs milliers d’euros.
En juillet, une nouvelle intrusion a touché la Direction générale des finances publiques, ciblant cette fois-ci le Serveur professionnel des données cadastrales (SPDC). Cette seconde fuite concernerait l’identité et l’adresse des détenteurs de droits sur des parcelles cadastrales. ZeroBytes a également revendiqué cette attaque, en expliquant avoir contourné l’authentification à double facteur censée protéger les accès.
Derrière ZeroBytes se cacherait en réalité deux personnes d’origine française, selon leurs propres déclarations. Interrogé sur ses motivations, le duo dit ne pas en avoir de précises, si ce n’est « l’argent, j’imagine ». Il justifie son intérêt pour les organisations françaises en affirmant qu’elles seraient particulièrement « faciles à pirater ».
Le groupe n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai : avant de s’attaquer au fisc, il avait déjà revendiqué des piratages visant les supermarchés Intermarché et la Fédération française de handball. Se vanter publiquement de ces attaques est un moyen pour le groupe d’acquérir de la notoriété. La réaction systématique des institutions concernées ras les acheteurs sur l’authenticité du vol et donc des données dérobées.
En démontrant leur capacité à pirater des cibles jugées plus difficiles d’accès, comme une administration ou une grande entreprise, les hackers gagnent en popularité, ce qui facilite la revente future d’autres données et peut attirer des complices ou des clients.
Désormais, avec le rachat des données, le principal danger pour les victimes reste l’hameçonnage. En s’appuyant sur l’historique réel des démarches administratives d’un contribuable, des escrocs peuvent envoyer des messages très crédibles en se faisant passer pour les services fiscaux, dans le but de soutirer de l’argent ou des informations personnelles supplémentaires. Des procédés qui nécessitent une grande vigilance de la part des contribuables.
Source : La Croix.


