Piratage du fisc : comment distinguer un vrai mail des impôts d’une arnaque ?

Piratage du fisc : comment distinguer un vrai mail des impôts d’une arnaque ?

La Direction générale des finances publiques (DGFIP) a annoncé, le vendredi 14 août, avoir été victime d’un piratage informatique affectant les données de 678 000 personnes. La section cyber du parquet de Paris a ouvert une enquête, confiée à l’Office anti-cybercriminalité, pour « extraction frauduleuse de données et association de malfaiteurs ».

La directrice générale des finances publiques, Amélie Verdier, a qualifié cette opération de plus sophistiquée que les précédentes. Ce piratage intervient dans un contexte où plusieurs autres organismes publics, tels que l’Agence nationale des titres sécurisés ou l’Insee, ont également été ciblés ces dernières semaines.

Une aubaine pour les escrocs

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a réuni une cellule de crise interministérielle. Les données dérobées comprennent des informations sensibles pour les particuliers, telles que les noms, prénoms, quotient familial, revenu fiscal de référence et taux de prélèvement à la source. Pour les entreprises, les informations compromises sont moins sensibles, incluant le numéro Siren et l’adresse du mandataire. L’administration fiscale a cependant rassuré les usagers, précisant que ces données ne permettent pas d’accéder à un compte sécurisé sur impots.gouv.fr.

Cette fuite soulève des inquiétudes quant à une éventuelle vague de mails ou de SMS frauduleux imitant l’administration fiscale. Les escrocs pourraient utiliser des informations personnelles exactes pour rendre leurs messages plus convaincants. À partir du lundi 17 août, la DGFIP commencera à contacter individuellement les usagers concernés pour les informer des données exposées et des mes de vigilance à adopter.

Les signes qui doivent alerter

Pour identifier un mail authentique de la DGFIP, il est crucial de vérifier l’adresse de l’expéditeur, qui doit se terminer par @dgfip.finances.gouv.fr. Toute autre terminaison doit éveiller la méfiance. De même, les sites Internet des impôts doivent avoir une adresse en gouv.fr.

Le ton du message est également un indicateur important. L’administration fiscale ne menace jamais ses usagers de poursuites ni ne promet de remboursement immédiat en échange d’un clic sur un lien. Ces types d’urgences artificielles sont souvent des signes d’escroquerie. Aucun message ne doit exiger de données bancaires, de mots de passe ou de codes d’accès.

Les appels téléphoniques doivent également susciter la prudence. Un service public ne doit pas composer depuis un numéro commençant par 06 ou 07. En cas de doute, il est conseillé de raccrocher et de rappeler le service concerné avec un numéro connu.

Les bons réflexes à adopter

Face à un mail ou un SMS suspect, il est recommandé de ne cliquer sur aucun lien et de ne pas répondre. Il vaut mieux se connecter directement à son espace personnel sur impots.gouv.fr en saisissant l’adresse manuellement. Les messages douteux peuvent être signalés sur la plateforme officielle cybermalveillance.gouv.fr ou via le service Signal Spam.

Pour toute question fiscale par téléphone, la DGFIP propose un numéro unique non surtaxé, le 0 809 401 401. Il convient de se méfier des numéros surtaxés, qui ne sont jamais ceux de l’administration.

Les personnes qui pensent avoir été victimes d’une tentative d’hameçonnage doivent rapidement changer leurs mots de passe et activer la double authentification lorsque cela est possible. Une surveillance attentive de leurs relevés bancaires est également recommandée dans les semaines suivantes.

La meilleure protection consiste à ne jamais utiliser les liens reçus par mail ou par SMS et à privilégier la connexion directe à son espace personnel.

Source : La Croix

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