Pınar Selek : Nouvelle audience dans un climat de répression contre les personnes LGBTQIA+
Une nouvelle audience pour Pınar Selek se tiendra le 18 septembre à Istanbul, alors que la répression contre les organisations de défense des droits LGBTQIA+ s’intensifie en Turquie. Une délégation de près de trente personnes, comprenant des avocats, des représentants de France Universités, du Snesup, des parlementaires écologistes et LFI, ainsi que des membres de diverses organisations, se rendra sur place pour soutenir Selek.
Pınar Selek est poursuivie depuis 1998 dans le cadre de l’affaire de l’explosion du marché aux épices d’Istanbul. Malgré quatre acquittements, le dernier a été annulé en 2022 par la Cour de cassation turque, entraînant un cinquième procès. Lors de la précédente audience, son ouvrage Lever la tête. La recherche interdite sur la résistance kurde avait été versé au dossier. Ce cas est devenu un symbole des luttes pour les libertés académiques et d’expression.
La situation est particulièrement tendue, avec plus de 60 arrestations dans 15 provinces turques depuis le 12 septembre, visant des organisations LGBTQIA+. Au moins 23 personnes sont actuellement en détention provisoire, et plus de 160 font l’objet d’enquêtes. En outre, plus de 180 comptes sur les réseaux sociaux ont été bloqués ou restreints, selon Amnesty International. Le ministère de la Justice a également adressé une circulaire aux procureurs concernant les contenus jugés contraires à la « morale publique ».
Le comité de soutien de Pınar Selek établit un lien entre cette répression et le contexte de son audience. Selek a consacré sa carrière à étudier les minorités, les mouvements féministes et les mécanismes de domination.
Malgré la poursuite de la procédure judiciaire, Pınar Selek reçoit un soutien international sous forme de distinctions. Le PEN suédois lui a récemment attribué le Prix Tucholsky 2026 pour son engagement en faveur des droits des femmes et des minorités. Elle recevra cette récompense à Stockholm le 15 novembre, suivie d’un titre de docteure honoris causa de l’Université Rennes 2 une semaine plus tard.
Le tribunal d’Istanbul devra décider s’il entre dans l’examen du fond du dossier ou prolongera encore cette procédure, qui dure depuis près de trois décennies.
Source : ActuaLitté

