Agressions et vols : des pharmaciens sous pression en France
L’Ordre national des pharmaciens a récemment tiré la sonnette d’alarme face à l’augmentation des agressions dans les officines. Des actes de violence verbale et physique peuvent survenir à la suite du simple refus de délivrer certains médicaments.
Camille Starvis, pharmacienne, témoigne : « C’est surréaliste d’avoir une bombe lacrymogène dans son officine, mais nous n’avons pas le choix. » En janvier, elle a été confrontée à un homme armé d’une fausse ordonnance. Après avoir refusé de le servir, il s’est emporté, l’insultant et la menaçant de mort. « J’ai eu extrêmement peur. Je sentais que ça pouvait aller beaucoup plus loin », confie-t-elle.
Les agressions ne sont pas des cas isolés. Cécile Poggi, également pharmacienne, subit quotidiennement des incivilités. « Vous êtes des cons, vous devez faire ce que je vous dis », lui lance un client, auquel elle répond qu’elle doit suivre les règles.
En 2025, l’Ordre national des pharmaciens a enregistré 468 déclarations d’agression, dont 451 se sont produites dans les officines. Bien que ce chiffre représente une baisse de 12 % par rapport à 2024, peu d’agresseurs sont poursuivis. De nombreux professionnels de santé, lassés, choisissent de ne plus porter plainte. Cyril Colombani, pharmacien et porte-parole de l’Union des syndicats des pharmaciens d’Officine Alpes-Maritimes, déclare : « Nous en avons marre de porter plainte pour rien. »
En parallèle des agressions, les pharmaciens doivent faire face à des vols réguliers. Dans une pharmacie du Cannet, les pertes liées à ces actes s’élèvent à 65 000 euros par an. Pour contrer ce phénomène, des propriétaires ont investi dans des caméras de surveillance intelligentes qui envoient des alertes en cas de geste frauduleux. Selon une employée, « depuis leur installation, les tentatives de vol ont nettement diminué. »
Ces incidents soulignent une pression croissante sur les pharmaciens, qui se sentent souvent en danger dans l’exercice de leur métier.
Source : Franceinfo
