Pétrole : le Brent à 97 dollars, coup dur pour les entreprises
Avec le baril de Brent évalué à 97 dollars, les coûts d’exploitation des entreprises connaissent une hausse significative. Les secteurs énergivores, tels que le transport, la logistique, la chimie et la distribution, subissent une diminution immédiate de leurs marges, conséquence d’une augmentation de 0,6% observée lors de la séance asiatique du 6 septembre 2026. Les tensions croissantes entre Washington et Téhéran, marquées par des affrontements dans le détroit d’Ormuz, alimentent des inquiétudes quant à une perturbation prolongée des approvisionnements. Environ 20 à 30% du pétrole mondial transite par ce passage stratégique, où l’Iran a récemment instauré une zone restreinte.
La hausse du prix du baril intervient dans un contexte déjà tendu pour les entreprises. Depuis février 2026, les surcoûts liés aux énergies fossiles s’élèvent à 55 milliards de dollars par mois, impactant la compétitivité. Au cours du week-end des 5 et 6 septembre, l’Iran a annoncé avoir attaqué trois tankers empruntant des routes non autorisées, en réponse à une frappe américaine sur un navire iranien. Les marchés pétroliers ont réagi rapidement : le Brent a grimpé de 0,6% à l’ouverture asiatique, atteignant 97 dollars.
Elias Haddad, stratège en chef chez Brown Brothers Harriman, souligne que « le risque d’une confrontation prolongée entre Washington et Téhéran augmente, et les marchés craignent que la hausse des prix de l’énergie n’accentue les pressions inflationnistes ». La Réserve fédérale américaine doit décider, le 16 septembre, d’une éventuelle hausse de taux, en se basant principalement sur l’indice des prix à la consommation d’août, qui sera publié cette semaine.
Les entreprises ressentent cette hausse à plusieurs niveaux. D’une part, le coût direct du carburant affecte le transport et la logistique. D’autre part, l’augmentation se répercute sur les matières premières dérivées du pétrole, telles que les plastiques, polymères et engrais. Enfin, les coûts de production s’envolent pour les secteurs énergivores. La capacité des entreprises à répercuter ces hausses sur les clients finaux varie, ce qui réduit automatiquement les marges des distributeurs et intermédiaires.
Les compagnies aériennes, maritimes et de transport routier sont parmi les premières touchées. Pour une compagnie aérienne, le carburant représente entre 25 et 35% des coûts d’exploitation. Avec un baril à 97 dollars, chaque augmentation d’un dollar peut réduire le résultat net annuel de plusieurs millions d’euros. Les transporteurs routiers, déjà sous pression à cause de la concurrence et des marges faibles, voient leurs coûts opérationnels augmenter. Les contrats de fret signés avant cette hausse deviennent déficitaires, nécessitant des renégociations ou l’absorption des pertes.
L’industrie chimique, fortement dépendante du naphta, un dérivé du pétrole brut, est également directement impactée par la volatilité du Brent. Une hausse de 10% du prix du baril peut entraîner une augmentation de 5 à 8% du coût des matières premières pour ces industries. Les fabricants d’engrais, déjà sous tension depuis les crises énergétiques de 2025, voient leurs marges se comprimer davantage, menaçant la rentabilité de certaines usines européennes.
Les distributeurs et grandes enseignes font face à un double défi : l’explosion des coûts logistiques et la difficulté à répercuter rapidement ces hausses sur les consommateurs, sensibles aux prix. En conséquence, les marges opérationnelles diminuent, et les acteurs les moins capitalisés pourraient être contraints de revoir leurs prévisions pour le second semestre 2026.
Source : Carnets du Business

