Pétrole, faune et mémoire : le cri d'alerte des oubliés du Canton Océan | Gabonreview.com

Pétrole, faune et mémoire : le cri d’alerte des oubliés du Canton Océan

Dans le Canton Océan, berceau du peuple orungu, les populations de Mpembé et de Gongoué se disent abandonnées face aux pétroliers, au conflit homme-faune et à l’effacement de leur mémoire collective. Depuis près de dix ans, ces communautés ont adressé de nombreux courriers, convocations et promesses, mais leurs revendications demeurent sans réponse. En décembre 2024, un montant de trois millions de francs CFA a été versé par la SNHG au chef du village pour la veillée coutumière, mais cela ne suffit pas à apaiser les inquiétudes des riverains.

Les revendications des habitants comprennent le respect du Code minier, l’octroi d’emplois pour les jeunes des zones pétrolières, un encadrement effectif de la réserve où ils vivent, des réponses au conflit homme-faune, ainsi qu’un acte de mémoire en faveur d’Ogoula Iquaqua, une figure historique respectée.

Wilfried Iquaqua Nkowet, représentant du collectif, souligne que la situation actuelle est insoutenable : « Nous sommes livrés à nous-mêmes ». Le collectif a documenté ses préoccupations dans un dossier transmis à GabonReview, mettant en lumière l’absence d’encadrement dans une zone riche en biodiversité, particulièrement affectée par le changement climatique.

Depuis 2017, les tentatives de collaboration avec des entreprises pétrolières, notamment Addax Petroleum et la Gabon Oil Company, ont échoué, laissant les communautés dans l’incertitude. En avril 2024, une lettre invitant le directeur général de la Gabon Oil Company à constater les réalités du quotidien des habitants est restée sans réponse.

Les habitants de Mpembé et Gongoué se retrouvent également confrontés à des convocations administratives, sans que des mes concrètes ne soient prises en réponse à leurs préoccupations. La préfète de Bendjè a reconnu les problèmes soulevés, mais près d’un an plus tard, les populations attendent toujours des actions tangibles.

Au-delà des revendications matérielles, le collectif met en avant une question d’identité. Ils craignent pour leur culture et leur mémoire collective, rappelant que Mpembé est le village d’origine de Benoît Ogoula Iquaqua, un leader déporté par l’administration coloniale, dont la mémoire a été récemment honorée par le chef de l’État. Wilfried Iquaqua Nkowet insiste sur le devoir de mémoire que le Gabon doit envers son héritage.

Source : GabonReview.

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