Pétition pour le rétablissement des activités nautiques sur une plage de Marseille interdite.

Une pétition qui réunit presque 1000 signatures circule en ligne depuis vendredi 4 septembre, contestant l’interdiction de la pratique des activités nautiques sur la plage de l’Huveaune décidée par la mairie de Marseille sur recommandation de l’ARS (Agence régionale de santé) en mai 2026.

La saison des baignades est officiellement terminée à Marseille. Depuis ce lundi 31 août, les postes de secours ont été laissés à l’abandon par les surveillants embauchés par la Ville. Si certains baigneurs ont exprimé quelques craintes, d’autres occupants des plages du littoral ont fait savoir leur mécontentement cette semaine : les pratiquants de sports nautiques.

Ce vendredi 4 septembre, une pétition est apparue sur le web et a rapidement fait parler d’elle. Intitulée « pour le retour des activités nautiques sur la plage de l’Huveaune à Marseille », elle recueille bientôt 1000 signatures à l’heure où sont écrites ces lignes. Sur les groupes de conversations de surfeurs, ceux qui la partagent mettent en garde : « le surf à Marseille est en danger ».

Rassemblant « surfeurs, adeptes de la planche à voile, du funboard, du stand up paddle, du foil, du wingfoil, du kayak ou de toute autre discipline évoluant depuis plus de 50 ans dans les vagues marseillaises », la pétition énumère une liste de doléances dont une principale : le lever de l’interdiction des activités nautiques prise par la Ville de Marseille en mai dernier sur cette plage très prisée des surfeurs.

« Notre plage est petite mais spéciale« , résume Vincent Chasselon. Visage du surf en Méditerranée et à Marseille depuis plus de 40 ans, il est vice-président du Sardine Surf Club, créé en 1992, à l’origine de cette pétition. Pour comprendre le courroux des surfeurs et de leurs semblables, il faut remonter un peu le temps.

Au début de l’année 2026, l’Agence régionale de santé (ARS), établissement de l’État, demande à la mairie de Marseille d’interdire la baignade à la plage de l’Huveaune durant un an. L’endroit, aussi connu sous le nom d’Épluchures Beach, traîne derrière lui une sale réputation. Les déchets viennent y mourir à chaque épisode orageux. Pour justifier son avis, l’ARS s’appuie sur ses bilans annuels. En 2024, pour la cinquième année consécutive, la qualité des eaux est jugée insuffisante.

La situation est révélée par le quotidien La Provence en mars dernier. Deux mois plus tard, le 28 mai, la ville de Marseille prend officiellement un arrêté d’interdiction temporaire de la baignade et des activités nautiques sur la plage de l’Huveaune. « On vit comme une véritable sanction la décision qui a été prise par l’ARS« , déplore une semaine plus tôt Hervé Menchon, adjoint au maire de Marseille Benoît Payan (PS), en charge de l’environnement et de la biodiversité.

« L’ARS n’a jamais interdit de faire du surf, c’est la mairie qui a décidé de nous en empêcher« , affirme Vincent Chasselon. « Cela fait 44 ans que je surfe sur cette plage, quand c’est pourri, on n’y va pas« . Le vice-président du Sardine Surf Club se dit d’autant plus surpris que la majorité sortante avait envoyé des signaux positifs au secteur juste avant les élections municipales, le 11 mars.

Depuis ce jour, « pas de son, pas d’image« , pointe Vincent Chasselon. Il explique avoir appris l’existence de l’arrêté par voie de presse et n’avoir jamais eu de retour aux demandes formulées à la mairie par le club. Un silence qui l’inquiète, à moins d’un mois du 1er octobre. « C’est à cette date que, traditionnellement, la mairie nous loue les locaux des postes de secours, depuis une vingtaine d’années. C’est parfait pour nous, car il y a plus de vagues en hiver« , explique-t-il.

Après avoir remué ciel et terre, le club qui compte une soixantaine de licenciés a réussi à décrocher un rendez-vous au mois de septembre avec Capucine Edou, adjointe au maire en charge de la mer, du littoral et de la transition énergétique. Mais le temps presse. D’où l’idée d’une pétition commune, pour rassembler les revendications du secteur et essayer de peser face aux pouvoirs publics.

La plage de l’Huveaune est par ailleurs la « dernière bande sableuse originelle de cette partie du littoral [.], seule plage où déferlent les vagues« . Le Sardine Surf Club draine aussi une certaine activité sur la plage, proposant des cours de météorologie et d’apprentissage du sport. Vincent Chasselon, pas dupe de l’eau « marron qui stagne » davantage qu’auparavant, appelle les autorités à étudier le problème dans son entièreté, sans léser les surfeurs.

Contactée, la mairie de Marseille dit « avoir pris acte de la décision de l’Etat » de fermer la plage de l’Huveaune en mai 2026. La Ville s’engage, dès que l’accord des autorités compétentes et l’ARS sera reçu, à réouvrir sans délai la plage de l’Huveaune pour y permettre à nouveau une activité nautique en toute sécurité.

Lors de l’annonce de la fermeture à la baignade de la plage de l’Huveaune, la Ville de Marseille et la Métropole expliquaient avoir engagé des actions importantes, avec près de 80 millions de travaux déjà injectés pour améliorer les zones d’expansion de crues et limiter les impacts des déversements lors des fortes pluies.

Source : France 3 Provence-Alpes

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