Pétition pour la préservation du français au sein de la Défense nationale
Un ancien militaire de Gatineau, Éric Sauvé, a déposé mardi une pétition à la Chambre des communes, demandant au ministère de la Défense nationale d’annuler une directive qui pourrait réduire l’utilisation du français sur les lieux de travail. Ce document, soutenu par le député conservateur Pierre Paul-Hus, réclame le retrait de la Directive et ordonnance administrative de la défense (DOAD) 5039-2, qui concerne les langues officielles en milieu de travail.
La directive, mise à jour en 2025, modifie les critères selon lesquels le ministère de la Défense détermine si le français, l’anglais ou les deux doivent être utilisés comme langue de travail, en fonction de l’emplacement géographique. Cette nouvelle approche pourrait contraindre certains employés de la Défense à travailler exclusivement en anglais, alors que leurs lieux de travail étaient précédemment considérés comme bilingues.
Le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, a récemment ordonné une révision des désignations de langue de travail au sein des Forces armées canadiennes (FAC). Éric Sauvé plaide pour l’abolition complète de la Directive 5039-2, soulignant que des études sur ce sujet pourraient prolonger la situation actuelle, entraînant des complications pour les Forces.
Selon Sauvé, ce changement envoie un message aux anglophones : « Le français, même s’il est important, n’est pas jugé aussi essentiel. La langue de travail est principalement l’anglais dans la plupart des bases canadiennes. »
Le ministère de la Défense a justifié sa décision en indiquant que plusieurs organisations dans des zones unilingues avaient du mal à respecter leurs obligations linguistiques, entraînant des plaintes et de la frustration. Éric Sauvé déplore que plutôt que d’allouer des ressources pour atteindre un niveau de bilinguisme, la politique de bilinguisme soit annulée dans certaines régions.
La pétition demande également de rétablir un cadre permettant de désigner officiellement bilingues les unités et organisations militaires lorsque cela est justifié par leur mission ou leurs responsabilités. Elle exige également que des mes soient prises pour asr une forte présence du français et renforcer le bilinguisme comme capacité stratégique au sein des Forces canadiennes.
Éric Sauvé affirme que le bilinguisme constitue une force pour les Forces canadiennes, permettant de mieux interagir avec les ONG et les populations locales dans le cadre de missions internationales.
Source : Mégane Mongeon



