Peste des petits ruminants: les éleveurs africains réclament une mobilisation urgente - Afrique économie

Peste des petits ruminants : les éleveurs africains réclament une mobilisation urgente

La peste des petits ruminants demeure l’une des maladies animales les plus dévastatrices en Afrique. Avec un taux de mortalité pouvant atteindre 90 %, cette maladie menace les moyens de subsistance de millions de petits éleveurs. Des responsables politiques, des organisations internationales et des représentants des éleveurs appellent à une accélération des financements pour atteindre l’objectif d’éradication.

De notre envoyé spécial à Brazzaville, la peste des petits ruminants est une réalité quotidienne pour Jalo Buba, président de l’Association des petits éleveurs du Nigeria. Il s’est rendu à Brazzaville pour adresser un message aux bailleurs de fonds et aux décideurs : « Cette maladie a un très fort taux de mortalité. Nous, les éleveurs, perdons parfois tous nos animaux. Le message que je veux adresser aux bailleurs de fonds est simple : ils doivent investir massivement, non pas demain, mais maintenant. »

Le Tchad, l’un des principaux pays d’élevage de moutons en Afrique, subit également les conséquences de cette maladie. Son ministre de l’Élevage, Abderahim Awat Atteib, qui préside le comité consultatif africain pour l’éradication de la peste des petits ruminants, souligne que les compétences existent déjà sur le terrain. « Les moyens humains existent. Les techniciens sont là, les cadres sont là, les experts sont là. Mais le seul moyen qui nous manque, c’est le moyen financier. Nous demandons à la Banque mondiale, à l’Union européenne, à la FAO et aux autres partenaires d’investir dans cette lutte contre la peste des petits ruminants », ajoute-t-il.

Après l’éradication de la peste bovine en 2011, la communauté internationale a fixé un nouvel objectif : éliminer la peste des petits ruminants d’ici à 2030. Pour y parvenir, la coordination des actions sera déterminante, selon le Dr Ricarda Mondry, représentante de la FAO à Brazzaville : « Il est très important que les financements soient disponibles au même moment dans tous les pays. Si un pays agit une année et son voisin plusieurs années plus tard, les troupeaux se déplacent et la maladie peut être réintroduite. »

Concernant les financements, la représentante de l’Union européenne a annoncé un engagement de 8 millions d’euros pour un programme en cours, avec une deuxième phase en préparation pour un montant de 40 millions d’euros. « C’est une contribution significative », a déclaré Anne Marchal.

À Brazzaville, l’urgence d’agir rapidement et collectivement a été unanimement reconnue pour protéger les moyens de subsistance des 1,3 milliard de personnes qui dépendent de l’élevage des petits ruminants à travers le monde.

Source : RFI

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