Persécutions religieuses au Nicaragua : le régime d’Ortega intensifie les disparitions forcées des opposants
L’évêque émérite du diocèse d’Estelí, Juan Abelardo Mata, âgé de 80 ans, a été arrêté à deux reprises en juin 2023, d’abord le 29, puis à nouveau le lendemain. Le ministère de l’Intérieur du Nicaragua a confirmé sa libération dans un communiqué publié le 4 juillet. Selon les autorités, il aurait été détenu dans le cadre d’une enquête pour corruption, le gouvernement affirmant que « sa richesse ne correspond pas à son ministère sacerdotal », selon Yader Valdivia, avocat et membre du collectif de défense des droits humains nicaraguayen, Nunca Más. Cette détention de quatre jours s’est faite sans preuve tangible, une pratique récurrente lors des arrestations d’opposants religieux. L’avocat souligne que « le régime, par l’intermédiaire du parquet, n’a jamais présenté de preuve de la commission d’un délit dans le cadre des persécutions religieuses ».
Contexte factuel
Juan Abelardo Mata est une figure majeure de l’Église catholique au Nicaragua, connue pour son opposition aux violations des droits de l’homme. Lors des manifestations de 2018, qui ont entraîné des centaines de morts, il a joué un rôle de médiateur dans le Dialogue national avec le régime. Son engagement contre les exactions gouvernementales lui a valu des menaces et une surveillance accrue. Son arrestation le 30 juin est considérée comme une représaille à une homélie où il a appelé les fidèles à « prier pour l’Église catholique persécutée », évoquant également des prêtres expulsés par le régime de Daniel Ortega et sa femme, Rosario Murillo.
Données ou statistiques
Aucune statistique officielle récente n’est disponible concernant les persécutions religieuses au Nicaragua.
Conséquence directe
Les arrestations et la répression croissante des voix dissidentes, comme celle de Mata, soulignent un climat d’intimidation et de violation des droits fondamentaux dans le pays, aggravant la situation des opposants au régime.
Source : Informations confirmées par le ministère de l’Intérieur du Nicaragua et relayées par Yader Valdivia, avocat et membre de Nunca Más.


