J’ai quitté l’industrie pharmaceutique pour cultiver mes propres vignes : la reconversion audacieuse de Perrine, 44 ans

Perrine Lhoumeau Samserà, 44 ans, a fait un choix radical en quittant l’industrie pharmaceutique pour se lancer dans l’œnologie. Après avoir débuté sa carrière dans la cosmétologie avant de travailler dans des laboratoires pharmaceutiques, elle a décidé de changer de voie à l’âge de 40 ans. « Je faisais beaucoup de gestion de projet, donc j’avais les yeux rivés sur mon ordinateur toute la journée. Je ne faisais pas de terrain, ça me manquait et je m’ennuyais », confie-t-elle.

Issue d’une famille d’entrepreneurs de la région bordelaise, Perrine a toujours été attirée par le monde du vivant. En décembre 2020, elle s’inscrit à l’École supérieure des agricultures (ESA) pour obtenir un Brevet de technicien supérieur agricole (BTSA) en viticulture et œnologie, tout en continuant à travailler. Sa détermination la pousse à suivre des cours à distance et à travailler le soir et le week-end pendant deux ans.

En janvier 2024, alors qu’elle apprend que le fermier qui exploitait les terres familiales part à la retraite, elle négocie un mi-temps avec son employeur pour créer son entreprise, « Trait d’Union, Vignes et Chai ». Elle récupère ainsi 4 hectares de vignes de Merlot et de Cabernet Franc, tout en louant un petit chai de 70 m² à proximité.

Depuis sa première récolte en 2024, Perrine produit environ 6 000 bouteilles par an. Cependant, elle admet que la majeure partie de son chiffre d’affaires provient de la revente de raisins à d’autres vignerons. Pour diversifier ses revenus, elle organise des ateliers pour faire découvrir le travail de la vigne et des dégustations de vin.

Malgré ce changement de carrière, Perrine a conservé une activité de conseil dans l’industrie pharmaceutique pour sécuriser ses finances. Elle prévoit de toucher des allocations chômage pendant encore un an, reconnaissant qu’il faudra du temps avant de vivre confortablement de son activité de vigneronne. « Dans ce milieu, on peut mettre dix ans avant de se faire vraiment un nom… Il faut être patient », conclut-elle.

Source : Le Figaro

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