Un véritable tsunami judiciaire pour le parquet de Paris
Laure Beccuau, procureure de Paris, a déclaré sur France Inter, le 10 septembre 2026, que les révélations sur les violences sexuelles dans le périscolaire à Paris ont entraîné un « véritable tsunami judiciaire ». Ces affaires nécessitent des « enquêtes forcément longues », et il est impératif d’accompagner les familles « même lorsque l’enquête est en cours ».
La procureure a exprimé le souhait que les victimes soient soutenues tout au long de la procédure judiciaire pour éviter la « victimisation secondaire », qui désigne la souffrance accrue d’une personne due à la manière dont elle est traitée par les institutions après avoir subi une infraction. Elle a reconnu que le fonctionnement de l’institution judiciaire peut engendrer des traumatismes supplémentaires, car il est souvent mal compris.
Depuis un an et demi, un groupe de travail sur la victimisation secondaire a été mis en place, débouchant, depuis le 1er septembre, sur un plan d’action en 27 points, dont quatre seront lancés en priorité. Parmi ces actions, l’accompagnement des parents et des victimes est essentiel.
Des dysfonctionnements ont été identifiés, notamment la réponse standard des services aux familles indiquant que « l’enquête est en cours » sans fournir de détails, parfois pendant de longues périodes. À l’avenir, le parquet s’engage à structurer l’information donnée aux familles concernant l’état de l’enquête et le déroulement des auditions, afin de dissiper les malentendus qui pourraient amener les victimes à douter de la crédibilité de leur parole.
Laure Beccuau a également mentionné que les plaintes déposées par des familles contre l’ancienne maire Anne Hidalgo et le maire actuel de Paris, Emmanuel Grégoire, ont été reçues et que des enquêtes ont été ouvertes. Ces investigations doivent déterminer si une responsabilité pénale peut être engagée en plus de la responsabilité politique.
Actuellement, près de 235 enquêtes sont en cours concernant des violences physiques et sexuelles dans le périscolaire, touchant 184 établissements. Parmi ces enquêtes, la procureure a noté qu’il y a « une petite dizaine d’informations judiciaires ». Elle a également souligné que des moyens supplémentaires seraient nécessaires pour accélérer ces investigations.
Source : France Inter

