Peut-on éviter la pénurie d’eau potable au robinet ?
Le risque de rupture d’eau potable au robinet est bel et bien réel en Creuse et dans les environs de Guéret. La consommation des habitants étant supérieure aux capacités de production et la pluie étant insuffisante, une pénurie pourrait survenir avant la fin du mois. Les élus s’organisent pour faire face à cette situation critique.
En ce début de mois de septembre, après un été caniculaire, la question de l’approvisionnement en eau potable se pose avec acuité. Éric Bodeau, président de l’agglomération du Grand Guéret, souligne : « De plus en plus, il y a un risque de rupture. Si l’on continue à avoir une forte consommation et une ressource en baisse, cela pourrait être le cas. »
Depuis le début de l’été, la situation hydrologique du département s’est détériorée. Vincent Dordain, directeur adjoint de la délégation Poitou-Limousin de l’agence de l’Eau Loire-Bretagne, précise : « Nous sommes sur une année très sèche, extrêmement chaude avec des records de températures. Cela a eu pour effet d’augmenter la consommation des usagers, au-dessus de la moyenne. » En outre, la situation pluviométrique a conduit à un report de l’utilisation des ressources en eau potable pour l’abreuvement des animaux.
Le retour à l’école a accentué la pression sur les ressources, avec un pic de consommation de 20 % par rapport aux mois de juillet et août. Les autorités ont alerté les gros consommateurs tels que les lycées, collèges, hôpitaux et entreprises.
Sur le terrain, de nombreux cours d’eau sont à sec, et les étangs affichent des niveaux exceptionnellement bas, avec des températures de l’eau atteignant 35°C cet été. En Creuse, certains mois de l’été 2026 ont enregistré un déficit de pluie de 98 % par rapport à la moyenne.
Le fonctionnement hydrologique du département, caractérisé par une zone granitique sans nappes phréatiques superposées, rend la situation encore plus précaire. L’Agglo du Grand Guéret a été contrainte de puiser dans la rivière Gartempe pour sécuriser l’approvisionnement des habitants de 24 communes, mais les débits sont déjà en dessous du seuil de crise.
Pour éviter des situations de citernage comme en 2019, les élus envisagent de puiser l’eau de l’étang de Courtille à Guéret, une réserve d’eau qui n’avait jamais été exploitée jusqu’à présent. Des analyses sont en cours pour transformer cette eau brute en eau potable.
D’ici là, les élus appellent à la sobriété des habitants pour limiter les risques de rupture. Des récupérateurs d’eau de pluie à usage domestique sont proposés à des tarifs subventionnés pour encourager les bonnes pratiques.
La prise de conscience sur l’eau potable semble avoir déjà commencé, avec une baisse de la consommation de 10 % depuis 2017, selon l’agence de l’Eau Loire-Bretagne. Pour mieux gérer les crises à l’avenir, le Syndicat des eaux creusoises, créé en 2023, travaille sur de nouvelles prises d’eau pérennes.
Source : France 3 Régions.

