Pénurie de Carburant à Bangui : Les Consommateurs Inquiets
Publié le : 14/07/2026 – 04:59
Au cours des dix derniers jours, plusieurs stations-service de Bangui, la capitale de la République centrafricaine, ont connu une forte affluence, avec des files d’attente s’allongeant devant les pompes. Cette situation perturbe le bon déroulement des activités socio-économiques et suscite une inquiétude croissante parmi les consommateurs.
Sous le soleil de midi, Boniface, un motard, témoigne de sa frustration : « Je n’ai pas trouvé de carburant à la station. Comme j’habite à 12 kilomètres d’ici, je suis obligé de pousser ma moto pour rentrer. Je suis fatigué, mais il n’y a rien à faire. » Face à la rareté de l’essence et du gazole, de nombreux usagers se tournent vers des revendeurs informels, où le prix du litre atteint 1500 francs CFA, contre 1100 francs CFA dans les stations officielles. Habib, un autre consommateur, souligne : « C’est pas normal, mais pour l’instant, on ne peut qu’avoir le carburant chez eux. Ils vendent parfois un carburant de mauvaise qualité, mélangé avec de l’eau ou d’autres produits. Nous savons que cela peut endommager nos moteurs, mais nous n’avons pas le choix. »
La République centrafricaine, pays enclavé, reste fortement dépendante des importations de produits pétroliers, principalement acheminés via les ports du Cameroun et de la République du Congo. Cette dépendance expose le pays à des difficultés d’approvisionnement.
Dans les marchés et les quartiers populaires, les effets de cette pénurie se font également sentir. Selon Alphonsine, une commerçante, « Il n’y a pas d’essence et cela entraîne l’augmentation du coût de transport. L’acheminement de certains produits devient difficile et les prix augmentent. Cette situation affecte déjà fortement le panier de la ménagère. »
Le ministère de l’Énergie n’a pas encore réagi officiellement à cette crise, mais une source gouvernementale a évoqué des difficultés d’approvisionnement et a assuré qu’un retour à la normale est attendu dans les prochains jours.
Avec notre correspondant à Bangui, Rolf-Steve Domia-Leu
Source : RFI