Pedro Sánchez nie toute implication du Maroc dans la crise de Ceuta
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a réaffirmé ce jeudi devant le Parlement qu’il n’existe aucune « preuve solide » d’une éventuelle implication du Maroc dans la crise migratoire survenue à Ceuta fin juillet. Cette déclaration intervient alors que des ministres marocains ont récemment revendiqué la souveraineté sur cette enclave espagnole.
Sánchez a précisé qu’aucun service ou organisme international n’avait fourni au gouvernement espagnol d’éléments prouvant que le Maroc ait orchestré l’afflux massif de migrants. « Si de telles preuves existaient, nous agirions en conséquence », a-t-il déclaré, tout en faisant face à des critiques croissantes de l’opposition de droite et d’extrême droite, qui soutient que le Maroc a joué un rôle dans cette situation.
La question du rôle du Maroc dans cette crise est au centre des débats en Espagne depuis plusieurs semaines, exacerbée par la fuite d’un rapport policier évoquant la « permissivité » des forces de l’ordre marocaines lors de l’afflux de migrants. En parallèle, Sánchez a fermement condamné les récentes déclarations marocaines sur Ceuta et Melilla, deux villes espagnoles situées sur le continent africain.
Dans un discours passionné, il a affirmé que ces territoires sont « espagnols depuis des siècles » et que cela restera inchangé « jusqu’à la fin des temps ». Il a également annoncé avoir convoqué l’ambassadrice marocaine suite à ces déclarations. De plus, il a invité le roi d’Espagne, Felipe VI, à visiter Ceuta et Melilla dans un avenir proche pour réaffirmer l’engagement de l’État envers ces villes.
Les relations entre l’Espagne et le Maroc sont également complexes en raison de la question du Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole, actuellement contrôlée en grande partie par le Maroc. Bien que Madrid ait soutenu la solution marocaine sur le Sahara depuis 2022, certains analystes estiment que la crise de fin juillet à Ceuta pourrait avoir été un message du Maroc à l’Espagne, suite à la visite de Sánchez en Algérie.
Source : Le Progrès

