Pédocriminalité : Comment empêcher le passage à l’acte
Les centres ressources pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles (Criavs) en France jouent un rôle crucial dans la prévention de la pédocriminalité. Actuellement, ces 27 structures publiques, réparties sur l’ensemble du territoire, sont les seules à s’acquitter officiellement de la mission de prendre en charge des personnes pédophiles, qu’elles aient ou non commis un crime.
Contexte factuel
Bernard, un homme de 66 ans condamné en 2014 pour agressions sexuelles sur deux adolescents, témoigne de la difficulté d’obtenir de l’aide. Avant son incarcération, il a cherché à discuter de son attirance pour les mineurs avec plusieurs professionnels de santé, mais a été confronté à leur incapacité à l’aider. Ce n’est qu’en prison qu’il a découvert l’existence des Criavs, qui sont encore mal connus du grand public et des professionnels de santé.
Antoine Pelissolo, professeur de psychiatrie à l’hôpital Henri-Mondor, souligne que ce sujet est souvent ignoré. « Très peu de praticiens sont formés et impliqués dans ce travail », constate-t-il.
Données ou statistiques
Les statistiques sur la prévalence de la pédocriminalité en France montrent que le sujet reste tabou et peu abordé dans les formations médicales. Les Criavs, bien que cruciaux, n’ont pas encore reçu l’attention nécessaire pour sensibiliser les professionnels de santé à la prise en charge des auteurs de violences sexuelles.
Conséquence directe
Le manque de ressources et de formation pour les intervenants peut mener à une absence de prévention efficace, laissant ainsi des individus potentiellement dangereux sans soutien adéquat. L’idée selon laquelle s’occuper des auteurs revient à les excuser doit être remise en question. Au contraire, il est essentiel de développer des approches qui permettent de traiter ces questions avec sérieux et responsabilité.
Source : Le Nouvel Observateur.