Pédocriminalité à Lyon : Le CRIAVS mise sur la prévention
Le Centre Ressources pour les Intervenants auprès des Auteurs de Violences Sexuelles (CRIAVS) de Lyon s’engage dans une démarche préventive face aux violences sexuelles, en cherchant à éviter les passages à l’acte avant qu’il ne soit trop tard. Cette initiative s’inscrit dans une approche qui dépasse la simple sanction pénale des auteurs.
Le CRIAVS, créé il y a une vingtaine d’années et financé par l’Agence régionale de santé, fait partie d’un réseau de 27 centres en France. Il accompagne les professionnels de la santé, de la justice et du secteur médico-social dans la prise en charge des auteurs de violences sexuelles. Élise Ribot, infirmière au CRIAVS de Lyon, souligne que l’objectif est de lutter contre la récidive pour protéger la société.
Les équipes du CRIAVS organisent des échanges autour de cas complexes et offrent des formations gratuites pour renforcer la coordination entre les différents intervenants. Le centre mène également des recherches, notamment sur la prévention des violences en milieu scolaire, et traite de plus en plus de cas impliquant des mineurs.
Depuis janvier 2026, le CRIAVS participe à la campagne STOP, lancée pour orienter les personnes préoccupées par leurs attirances sexuelles envers des mineurs. Cette ligne d’écoute, accessible durant les heures de bureau, reçoit en moyenne une douzaine d’appels par jour en France, totalisant près de 4 500 appels en 2025. Les appelants, souvent déjà suivis par des professionnels de santé mentale, hésitent à aborder leurs attirances. Dans des cas critiques, un signalement peut être effectué, bien que cette procédure n’ait été nécessaire qu’à trois reprises à Lyon, dont deux se sont révélées être des canulars.
La stigmatisation autour de la pédophilie demeure un obstacle à l’accès aux soins, et une confusion persiste entre pédophilie et pédocriminalité. Selon le rapport 2023 de la CIIVISE, environ 160 000 enfants seraient victimes de violences sexuelles chaque année en France, soit un enfant toutes les trois minutes. La majorité des auteurs de ces actes proviennent du cercle familial ou de l’entourage proche de l’enfant.
Des études estiment qu’entre 4 et 13 % des hommes de la population générale pourraient avoir déjà ressenti une attirance sexuelle pour un mineur. Ces chiffres, bien que soumis à caution, soulignent l’importance de considérer cette problématique comme une question de santé publique. Le CRIAVS, par son numéro STOP (0 806 23 10 63), vise à favoriser une prise en charge préventive avant qu’une victime ne soit créée.
Source : Lyon Mag


