Les tortues de Floride : un fléau pour les pêcheurs du Vaucluse
Les tortues de Floride, reconnues comme une espèce exotique envahissante, posent un problème croissant dans certains étangs du Vaucluse. Lorsqu’elles sont accidentellement pêchées, il est interdit de les relâcher ou de les transporter, poussant ainsi les pêcheurs à les éliminer souvent de manière brutale.
À l’étang des Bosquets, à Sérignan-du-Comtat, plus d’une vingtaine de ces tortues vivent actuellement. Introduites en France dans les années 1990 pour le marché des animaux de compagnie, elles ont été abandonnées par de nombreux propriétaires au fur et à me de leur croissance, atteignant parfois plus de 20 centimètres. Jules Theobald, garde-pêche local, explique que l’espèce s’est bien adaptée à son nouvel environnement, devenant rapidement envahissante : « Cette année, leur population a explosé car elles se sont reproduites sans prédateurs naturels. »
Cette surpopulation engendre des déséquilibres écologiques, car ces tortues consomment des insectes, des petits poissons et des amphibiens, mettant en péril les autres espèces présentes. Par ailleurs, elles peuvent être porteuses de maladies, notamment la salmonelle.
En France, la réglementation est stricte : les pêcheurs ne peuvent pas relâcher ces tortues, ce qui les contraint à les tuer. Jules Theobald souligne que certaines méthodes utilisées sont inacceptables : « J’en ai vu d’autres les lancer sur des rochers, c’est quelque chose que je ne cautionne pas. » Il préconise plutôt la congélation, une méthode jugée moins douloureuse.
L’Office français de la biodiversité (OFB) a été contacté par les pêcheurs, mais a conseillé de congeler les tortues, en raison de leur saturation. L’OFB n’a pas répondu aux sollicitations pour des solutions alternatives. Sur son site, l’organisme rappelle que 60 % des extinctions d’espèces sont liées aux espèces exotiques envahissantes.
La situation actuelle est encore gérable, mais les craintes d’une invasion incontrôlable, semblable à celle des écrevisses de Louisiane, persistent. Les pêcheurs espèrent une intervention plus efficace des autorités pour gérer ce problème croissant.
Source : France 3 Provence-Alpes

