Ça leur donne une seconde chance : face à l’assèchement des cours d’eau, des pêches de sauvegarde sont organisées pour sauver les poissons

En raison des chaleurs exceptionnelles, de nombreux cours d’eau voient leur niveau diminuer dangereusement. Parfois, seules quelques maigres poches d’eau subsistent, à l’intérieur desquelles se sont réfugiés des poissons. Des pêches de sauvegarde sont ainsi organisées pour les déplacer dans des zones moins sèches afin d’augmenter leurs chances de survie.

« S’il y a trop de poissons dans une petite quantité d’eau, ils vont mourir », explique Quentin Leyval, technicien à la Fédération de pêche de Haute-Saône, en intervention sur un tronçon de l’Ognon, à Saint-Germain, près de Lure. La rivière est à sec, et seules quelques poches d’eau restent visibles. Les poissons de la zone s’y sont tous réfugiés, mais ils sont trop nombreux pour survivre, car la quantité d’oxygène devient insuffisante. Pour Quentin et ses collègues, il s’agit donc de mener une pêche de sauvegarde.

Cette mission est réalisée à l’aide d’un dispositif de pêche électrique. Quentin Leyval se déplace dans les poches d’eau à la recherche de poissons, équipé d’un générateur électrique dans le dos, relié à une perche dotée d’une électrode et immergée dans l’eau. « On envoie un courant électrique dans l’eau qui va attirer les poissons. Ça va nous permettre de les capturer à l’aide d’une épuisette. » Dans cette rivière vivent des truites, des brochets, et une douzaine d’autres espèces. Si les poissons ne sont pas déplacés rapidement, ils pourraient mourir par manque d’oxygène. « On en enlève le plus possible, car si on laissait tout en l’état, dans 2-3 jours ce serait une catastrophe. Chez les espèces les plus sensibles, il y a déjà des individus qui sont morts. »

Cette pêche n’est généralement pas dangereuse pour les poissons, qui, une fois capturés, sont provisoirement placés dans des cuves remplies d’eau, puis rapidement transférés à quelques centaines de mètres en amont, dans une zone où le niveau de la rivière est un peu plus élevé. « Ça leur donne une seconde chance, si on peut appeler cela comme ça. On fait cela pour que les poissons survivent un peu plus longtemps », remarque Sébastien Sageaux, membre de la fédération de pêche de Haute-Saône. Ce nouvel habitat offre un répit aux poissons, de courte durée peut-être. Si les fortes chaleurs perdurent et la sécheresse s’accentue, l’eau pourrait venir à manquer. « Il faudrait de la pluie ! »

Pour cette opération de sauvegarde, les membres de la Fédération de pêche de Haute-Saône ont pu compter sur l’aide des riverains, qui ont donné l’alerte, inquiets par le niveau d’eau exceptionnellement bas de la rivière. Depuis fin juin, une dizaine de pêches de sauvegarde ont été effectuées dans le département, un chiffre en hausse chaque année à cause du réchauffement climatique. « Ça va être de pire en pire. On va avoir des épisodes de chaleur de plus en plus chauds, de plus en plus critiques. Et on risque d’intervenir dans des endroits qui d’habitude ne sèchent jamais, comme celui-ci, remonter de plus en plus vers les sources. Donc ça va devenir de plus en plus compliqué », regrette Natan Bon, salarié à la Fédération de pêche de Haute-Saône.

Cet été, la fédération estime avoir déjà sauvé entre 30 000 et 50 000 poissons. En attendant la pluie et la fin des températures caniculaires, elle va poursuivre ses missions de sauvegarde dans d’autres cours d’eau du département.

Source : France 3 Régions.

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