À Arles, Park Chan-wook dévoile pour la première fois ses photos

À Arles, Park Chan-wook dévoile pour la première fois ses photos

On s’attendrait plutôt à le croiser sur un tapis rouge à Cannes ou à Venise. Mais cet été, Park Chan-wook, né en 1963, partage l’affiche d’un festival non pas de cinéma mais bien de photographie. À l’occasion des Rencontres d’Arles, dans le cadre du programme associé, le célèbre réalisateur coréen présente pour la première fois en Europe son travail photographique entre les murs de l’hôtel de Vernon, où est installé Lee Ufan Arles.

En près de 40 ans de carrière, le cinéaste, qui a présidé le jury de la dernière édition du festival de Cannes, s’est imposé comme l’une des voix les plus puissantes de la culture coréenne à l’international. Old Boy, Mademoiselle, Decision to Leave… À travers une filmographie vertigineuse, il a développé une esthétique de la rigueur et du contrôle. Avant chaque tournage, il compose minutieusement ses storyboards et ne laisse aucune place à l’imprévu ni à l’accident.

La photo, « antidote » au cinéma

C’est donc une tout autre facette de son œuvre, mais aussi de sa personnalité, que révèle cette exposition. Sa pratique photographique apparaît comme l’antithèse de son quotidien de cinéaste, qu’il exerce à l’ombre des projecteurs depuis plus de quatre décennies. Le réalisateur la considère comme un « antidote » au cinéma, un espace où il retrouve une spontanéité et une liberté impossibles à atteindre sur un plateau de tournage, où des dizaines de personnes concourent à la fabrication de chaque image.

Entre sérénité et inquiétante étrangeté

Orchestrée par Valérie Duponchelle, journaliste au Figaro, l’exposition « Par un matin calme » prend la forme d’une promenade méditative à travers l’œil du cinéaste-photographe. Son regard s’attarde sur la banalité du quotidien, qui s’offre à lui sans l’artifice de la mise en scène. Une profonde sérénité se dégage du parcours, à mille lieues de la violence physique et de la tension psychologique qui irriguent son cinéma.

Ici, la silhouette furtive d’un chat traversant un parterre de fleurs ; là, un paysage saupoudré de neige ; plus loin, un ciel tourmenté annonçant l’orage… Cette quiétude se teinte aussi d’inquiétante étrangeté, comme lorsqu’à l’image surgit un mannequin en plastique au milieu d’un champ désert ou d’étranges fantômes (qui ne sont en réalité que des parasols repliés) face à une forêt de palmiers.

Même si Park Chan-wook revendique deux pratiques antinomiques, cinéma et photographie dialoguent constamment. Quelques-uns de ses acteurs fétiches font d’ailleurs de discrètes apparitions sur les cimaises, à l’image de Kim Min-hee, de dos dans son costume de geisha, ou de Tang Wei photographiée sur le tournage de Decision to Leave. Des images à la beauté silencieuse et troublante, qui donnent aussitôt envie de se replonger tout l’été dans l’œuvre vertigineuse du cinéaste aux 17 films.

Informations pratiques

Exposition : Park Chan-wook – Par un matin calme
Dates : Du 6 juillet 2026 au 4 octobre 2026
Lieu : Lee Ufan Arles, 5 Rue de Vernon, 13200 Arles
Site web : www.leeufan-arles.org

Source : Beaux Arts.

Source
Leave a Comment

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *