Paris va doubler la taxe sur les logements vacants à partir de 2027
Le Conseil de Paris a approuvé, ce samedi, le doublement de la taxe sur les logements vacants, qui entrera en vigueur en 2027. L’objectif annoncé est de « désengorger le marché locatif » et de remettre 20 000 logements en circulation. Actuellement, près de 150 000 logements sont inoccupés dans la capitale, représentant environ 9% du parc immobilier.
Cette me prévoit une augmentation de la taxe, passant de 17% à 30% de la valeur locative cadastrale après une année de vacance, puis de 34% à 60% au-delà de deux ans. Pour un appartement de 30 mètres carrés, la taxe pourrait atteindre près de 2 000 euros par an, puis 4 000 euros après deux années d’inoccupation.
Selon la mairie, 80 000 logements sont durablement inoccupés, et elle espère en libérer un quart. Cependant, des doutes subsistent quant à l’efficacité de cette nouvelle réglementation, d’autant plus que des dispositifs similaires existent depuis 1999 et ont été renforcés à plusieurs reprises sans résultats probants. La Cour des comptes a d’ailleurs souligné que les mécanismes de lutte contre la vacance n’ont pas démontré leur efficacité.
Les raisons de la vacance des logements sont multiples : successions bloquées, contentieux, travaux trop importants, biens inhabitable ou copropriétés dégradées. De plus, de nombreux propriétaires hésitent à louer en raison des risques d’impayés et de procédures judiciaires longues.
Cette initiative pourrait également masquer une problématique plus large. Au cours des vingt-cinq dernières années, le marché locatif privé à Paris a été affaibli par des politiques telles que l’encadrement des loyers, l’augmentation des taxes foncières, et la transformation d’appartements privés en logements sociaux. Entre 1982 et 2021, le parc locatif privé aurait perdu environ 180 000 logements, tandis que la part des logements sociaux a augmenté de 13% à 25%.
La Ville pourrait ainsi se retrouver à blâmer les propriétaires pour leur réticence à louer, alors qu’elle a elle-même contribué à créer un environnement peu attractif pour l’investissement locatif.
Pour résoudre la pénurie de logements, il est suggéré d’augmenter la construction de nouveaux logements, de transformer des bureaux vacants, de simplifier les normes et de sécuriser les bailleurs. En somme, il s’agit de rétablir l’offre et la confiance sur le marché locatif, plutôt que d’imposer des taxes supplémentaires.
Source : BFMTV
