Parfum d’Éthique : Le parfum grassois entre dans l’économie circulaire
Sandra Le Jan a fondé son entreprise, Parfum d’Éthique, en 2025, affichant clairement son engagement envers un modèle économique durable. Ancienne professionnelle des ressources humaines et professeur à l’Edhec, elle a décidé de se lancer dans l’entrepreneuriat pour revaloriser les produits parfumés issus des stocks dormants de fournisseurs grassois, en les revendant à moitié prix.
Son concept repose sur l’achat de produits invendus ou légèrement imparfaits, tels que ceux dont le packaging présente des défauts mineurs. « L’essentiel est pour moi qu’ils ne soient pas détruits », souligne-t-elle, rappelant que la loi AGEC interdit désormais de détruire de tels produits.
Sandra Le Jan aspire à rendre l’imperfection « désirable », à l’instar des légumes moches qui gagnent en popularité dans les supermarchés.
Un circuit ultracourt
Actuellement, Parfum d’Éthique collabore avec une dizaine de marques grassoises, dont PH Fragrances et Bougie et Senteur, après avoir contacté près de 200 créateurs en France. « Ce sont des marques de niche, confidentielles », précise-t-elle. Les produits sont fabriqués en Pays de Grasse et distribués dans quatre concept stores de la Côte d’Azur, ainsi que par le biais de ventes directes à domicile, un modèle inspiré du marketing de réseau.
Un contre-modèle économique
Se positionnant comme une « start-up low tech », Sandra Le Jan refuse d’avoir une application internet, préférant un modèle frugal. Elle utilise un smartphone recyclé et livre ses produits en voiture électrique. Bien qu’elle ait mis en place un site internet pour le B to B, elle ne fait pas appel à l’intelligence artificielle.
Après des années dans la distribution, elle a développé de nouvelles façons de consommer, exprimant une volonté de changer les mentalités face aux ressources limitées de la planète.
Perspectives de croissance
Actuellement, la vente en B to B ne représente que 10 % des ventes, mais Sandra Le Jan vise 70 % d’ici deux à trois ans. Elle cherche à établir des partenariats avec des entreprises partageant ses valeurs, comme Thales Alenia Space et Sundesk, qui ont déjà montré un intérêt pour ses produits.
Parfum d’Éthique prévoit d’atteindre la rentabilité et de recruter d’ici deux ans. « Je suis persuadée que mon concept est extrêmement légitime », conclut-elle.
Alors que son année d’accompagnement aux DéCCIdeuses, un incubateur dédié à l’entrepreneuriat féminin, touche à sa fin, elle envisage de rejoindre Com’1Lab à Grasse, un incubateur d’innovation sociale.
Source : Le Journal des Entreprises
