Parents inquiets investissent dans l’IA pour les devoirs malgré des doutes sur son efficacité.

IA et devoirs : cette peur pousse des parents à payer, même lorsqu’ils doutent de ses bénéfices

IA et Devoirs : Une Inquiétude Croissante chez les Parents

L’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans le milieu scolaire est désormais une réalité. En France, une enquête menée par les Cahiers pédagogiques en 2025 révèle que 79 % des lycéens et 59 % des collégiens ont déjà eu recours à l’IA pour leurs devoirs. Cette généralisation suscite des inquiétudes parmi les parents, qui se demandent si l’IA pourrait nuire aux apprentissages ou si elle est devenue indispensable pour ne pas prendre de retard.

Une étude publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences montre que les préoccupations des parents dépendent largement des comportements observés chez les autres élèves. Environ 2 000 parents d’adolescents âgés de 13 à 18 ans, aux États-Unis, au Canada et au Royaume-Uni, ont été interrogés sur le montant qu’ils seraient prêts à payer pour offrir à leur enfant un accès à un outil d’IA haut de gamme pour ses devoirs. Les résultats montrent que plus le pourcentage d’autres adolescents utilisant l’IA était élevé (20, 40, 60 ou 80 %), plus les parents étaient disposés à investir. Lorsqu’ils apprenaient qu’entre 20 et 80 % des autres élèves utilisaient l’IA, le montant qu’ils étaient prêts à débourser augmentait de plus de 60 %, soit environ 11 dollars supplémentaires. Près d’un parent sur cinq justifiait son choix par la peur de voir son enfant prendre du retard.

Cette étude, dirigée par Leonardo Bursztyn, professeur d’économie à l’Université de Chicago, met en lumière une dynamique de compétition pour l’accès à l’équipement. Malgré des doutes sur les bénéfices de l’IA, de nombreux parents préfèrent donner accès à cet outil à leurs enfants plutôt que de risquer un désavantage scolaire.

Par ailleurs, certains parents ont été informés des risques potentiels liés à l’utilisation de l’IA pour les apprentissages. Des recherches antérieures ont montré que des lycéens ayant utilisé l’IA pour s’entraîner en mathématiques obtenaient de meilleurs résultats, mais qu’ils étaient en moyenne 17 % moins performants lors d’examens sans l’outil. Cette information a suscité une méfiance accrue envers l’IA, mais n’a pas significativement réduit le montant que les parents étaient prêts à investir. En revanche, le soutien en faveur de règles ou d’interdictions décidées par les établissements scolaires a augmenté, passant de 44 à 57 %.

En France, l’Éducation nationale encadre l’utilisation de l’IA en milieu scolaire, autorisant son usage pédagogique limité à partir de la quatrième. Au lycée, une utilisation autonome est permise sous la supervision de l’enseignant. Cependant, demander à une IA de réaliser un devoir sans autorisation est considéré comme une fraude.

Les parents sont donc confrontés à un dilemme : comment autoriser l’utilisation de l’IA tout en s’assurant que leurs enfants ne dépendent pas de cet outil pour leurs apprentissages.

Source : Cahiers pédagogiques, Proceedings of the National Academy of Sciences

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