« On m’a dit de le laisser là-bas » : le combat de parents français pour récupérer leurs enfants emmenés à l’étranger par leur ex-conjoint
Chaque année, des enfants sont emmenés à l’étranger par l’un de leurs parents, parfois malgré des décisions de justice. Pour le parent resté en France, s’ensuit une longue bataille judiciaire pour tenter de les retrouver. Témoignages.
Chloé Moulière, 28 ans, résidente de Nantes, se bat depuis deux ans pour récupérer son fils Julian, enlevé en juin 2024 par son père en Roumanie. « On jouait dehors et le père a dû l’apprendre. Ils étaient trois dans la voiture. Ils m’ont mise de côté et ont pris l’enfant », raconte-t-elle. Malgré deux décisions de justice, l’une en Roumanie et l’autre en France, lui conférant la garde exclusive, Chloé se sent abandonnée par les autorités. « En Roumanie, on m’a dit de le laisser là-bas, que de toute manière, je ne le récupérerai pas », déplore-t-elle.
Arnaud Paris, 46 ans, partage un vécu similaire. Ses jumelles, Eva et Juliette, ont été enlevées par leur mère en avril 2024. « Ça a été orchestré pour que, malgré l’interdiction de sortie du territoire, les enfants puissent être emmenés en passant par l’Espagne », explique-t-il. Il a engagé une procédure de retour sous la Convention de La Haye, mais dénonce des retards intentionnels des États-Unis pour conditionner les enfants à refuser de revenir.
Les États-Unis, comme d’autres pays européens, sont signataires de la Convention de La Haye, qui vise à faciliter le retour des enfants enlevés. Cependant, son application reste insuffisante. En réponse à cette situation, le ministère de la Justice français a mis en place une cellule de médiation spécialisée. Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère, indique que cette initiative pourrait permettre de ramener quelques enfants chaque année.
Actuellement, le ministère de la Justice traite 189 dossiers d’enlèvements parentaux. Selon des estimations, environ quatre enfants par jour en France sont victimes d’un enlèvement parental, avec des conséquences à long terme sur leur bien-être. Arnaud Paris appelle à une action diplomatique renforcée pour protéger ces enfants et réclame une loi pour contraindre les États à respecter le droit international sur ce sujet.
Source : Franceinfo

