On veut que notre fille puisse exister sans nous : le combat des parents de Carine Leduque, 45 ans, autiste
Marie-Christine, 69 ans, et Gérard, 75 ans, se consacrent entièrement à leur fille Carine, 45 ans, diagnostiquée autiste. Leur quotidien est marqué par une vigilance constante et un besoin d’accompagnement qui semble inépuisable.
L’histoire de Carine, deuxième d’une fratrie de trois, est marquée par une errance médicale de douze ans. Sa mère se souvient : « Dès la naissance, les signes étaient là. C’était un bébé absent. » Après de nombreuses consultations, le diagnostic d’autisme a été enfin posé au CHU de Toulouse, alors que Carine avait 12 ans. Ce moment a été un soulagement pour ses parents, mais il a aussi marqué le début d’un long chemin semé d’embûches.
Carine a été retirée d’un accueil de jour en 2017 en raison de violences subies de la part d’autres jeunes. Sous la protection de ses parents, elle a évolué et a même développé un peu de langage, apprenant à exprimer ses besoins et à partager des moments affectifs.
Cependant, cette vie de famille est marquée par des défis constants. Marie-Christine a dû abandonner son métier de cuisinière, et Gérard, bien qu’émotif, reste en retrait face à la situation. Ensemble, ils font face à l’angoisse d’un futur incertain pour leur fille. « L’après, je le vois comme un drame, un tunnel noir », confie Gérard. Les options d’accueil pour Carine sont limitées en raison de la pénurie de places dans les structures adaptées.
En 2023, l’Europe a conclu que la France ne respectait pas ses engagements envers les personnes handicapées, ce qui renforce les inquiétudes des familles comme celle des Leduque. Ils aspirent à ce que leur fille puisse exister sans eux, mais se heurtent à des obstacles financiers. Actuellement, ils bénéficient d’un accompagnement d’une heure par semaine, mais celui-ci doit se terminer prochainement.
Leur souhait le plus cher est de pouvoir s’accorder des moments de répit, mais leur réalité est celle d’une vie dédiée à leur fille, un engagement qui pèse sur leur couple. « La vraie fête serait de pouvoir s’accorder un déjeuner en tête-à-tête. »
Ce combat quotidien met en lumière les défis auxquels sont confrontées de nombreuses familles d’enfants autistes en France, dans un contexte où le soutien institutionnel reste insuffisant.
Source : Charente Libre
