À Paimpol, drone et intelligence artificielle au service de la dépollution maritime
Dans le sillage des espaces terrestres et aériens, la « dronisation » de l’espace maritime est en marche. Une nouvelle démonstration a eu lieu le mardi 9 juin dans le port de Paimpol (22). La société Efinor Sea Cleaner (Groupe M) a présenté son dernier né, fruit de quatre années de recherche et développement. Pionnier dans le domaine des navires de dépollution, le chantier naval a constaté que ses bateaux rencontraient des « limites, en particulier dans les zones dangereuses ou difficilement navigables ». Le directeur opérationnel, Benjamin Lerondeau, a précisé qu’« il n’était pas forcément optimal de déployer une embarcation de 12 m avec deux personnes à bord pour récupérer quelques déchets ». Cela a conduit à l’idée du Mass Cleaner, un engin de taille plus réduite (5,50 m), téléopéré ou autonome, plus facile à transporter et à déployer.
L’IA à la manœuvre
Le chantier naval a conçu un catamaran entièrement en aluminium. Les deux coques sont reliées par une poutre centrale en forme de « H ». Les espaces entre les coques permettent d’installer des « modules » interchangeables. Extrêmement agile, le Mass Cleaner présente une autonomie pouvant aller jusqu’à 20 nautiques. Il peut être piloté « à vue » ou à distance via une console et des caméras.
Une utilisation autonome est également en développement. Grâce à divers capteurs et à un traitement en temps réel par IA des images d’objets détectés, le drone pourra procéder à la classification et à la récupération. « Pour les objets solides, cela ne pose pas de problème, mais nous garderons une supervision humaine pour la collecte des hydrocarbures, qui nécessite une grande précision et une expertise spécifique », a ajouté Benjamin Lerondeau.
D’autres modules à l’étude
Le Mass Cleaner a suscité un intérêt notable lors de plusieurs salons, notamment EuroNaval et NavExpo. Le chantier envisage de développer divers autres modules, notamment pour des mes de bathymétrie, des prélèvements, des analyses de la qualité de l’eau, ainsi que pour le déploiement de barrages flottants et de lances à incendie. « Cela nous confirme qu’il existe un marché à explorer », a déclaré Lerondeau.
Le projet a également bénéficié du soutien du fonds territorial IBreizh, financé par Iberdrola France et géré avec la Région Bretagne. « Les 100 000 € accordés dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêt en 2023 ont été le levier qui a permis de lancer le projet », a conclu le directeur opérationnel.
Source : Le Télégramme
