Ozempic et ses effets secondaires : ce que la science en dit
La France avance dans la lutte contre l’obésité. Depuis le 15 juin, deux médicaments, le Wegovy de Novo Nordisk et le Mounjaro d’Eli Lilly, sont désormais remboursables. Ces traitements, des analogues de l’hormone GLP-1, favorisent la sensation de satiété, permettant une perte de poids de 15 à 20 % chez certains patients. Le remboursement, fixé à 65 % du prix public (entre 146,91 et 433,80 euros selon la dose), s’applique uniquement aux cas d’obésité sévère, c’est-à-dire un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 40, ou supérieur à 35 avec complications comme le diabète.
Avec la montée en popularité de ces traitements, notamment aux États-Unis, des effets secondaires tels que l' »Ozempic personality » émergent sur les réseaux sociaux. Ce terme, popularisé par un article du Washington Post, désigne une forme d’anhédonie, caractérisée par une diminution du plaisir et un émoussement émotionnel.
Les témoignages des utilisateurs évoquent une perte d’enthousiasme et des symptômes dépressifs. Des cliniciens américains rapportent des cas similaires, bien que ces signalements soient rares. En France, les autorités n’ont pas encore reçu de rapports concernant cette problématique.
Les données scientifiques actuelles, cependant, ne corroborent pas l’idée d’une détérioration de la santé mentale liée à ces traitements. Par exemple, une étude de The Lancet Psychiatry a montré une réduction de 40 % du risque d’aggravation de la dépression chez près de 95 000 personnes sous traitement. Une autre étude, publiée dans le BMJ, a révélé une diminution de 14 % du risque de développer des troubles liés à l’usage de substances chez des patients diabétiques.
Malgré ces résultats, des experts soulignent que les études sont observationnelles et ne prouvent pas de lien de causalité entre les traitements et la santé mentale. Les effets rapportés pourraient également être influencés par d’autres facteurs. Les professionnels de santé insistent sur l’importance d’un suivi médical lors de l’utilisation de ces traitements.
En conclusion, bien que des inquiétudes émergent concernant l' »Ozempic personality », les données scientifiques actuelles indiquent que les bénéfices des traitements pour l’obésité l’emportent sur les risques potentiels. Un suivi médical est recommandé pour gérer les effets secondaires éventuels.
Source : L’Express
