Nous nous attendons à ce que le détroit soit ouvert sans péage : le vice-président américain veut une ouverture totale d’Ormuz, contrairement aux affirmations de l’Iran
Malgré la perspective d’une réouverture du détroit d’Ormuz dans le cadre d’un accord entre les États-Unis et l’Iran, des incertitudes demeurent sur l’éventuelle mise en place de péages réclamés par Téhéran, une me contestée par plusieurs dirigeants occidentaux et susceptible de ralentir la reprise du trafic maritime.
Le détroit d’Ormuz devrait rouvrir, mais les compagnies maritimes devront-elles s’acquitter d’une contribution pour le franchir ? Ce lundi, le ministère iranien des Affaires étrangères a affirmé que l’Iran facturerait des frais de service maritime aux navires transitant par ce détroit stratégique. Des frais qui, selon Téhéran, ne correspondent pas à des « péages ». « Nous avons toujours soutenu que nous ne cherchions pas à percevoir de péages de transit, mais que des frais pour les services de navigation, la protection de l’environnement, l’assurance des navires et d’autres services nécessaires seraient facturés », a précisé le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, lors de son point presse hebdomadaire.
Cette situation inquiète le président français Emmanuel Macron, qui a jugé que l’Iran « jouait sur les mots ». Il a exprimé le souhait que l’accord entre les États-Unis et l’Iran « soit une réalité, pour qu’Ormuz puisse rouvrir de manière pacifique et que le trafic puisse reprendre », mais sans droit de passage. Macron a ajouté : « (Un péage) n’est pas du tout ce que l’on souhaite parce que cela crée un précédent. Nous allons tout faire pour qu’il n’y ait pas de péages. »
Le vice-président américain JD Vance a déclaré ce lundi à CNBC qu’il s’attendait à ce que l’accord entre les États-Unis et l’Iran permette l’ouverture du détroit d’Ormuz sans système de péage à long terme. « Nous nous attendons à que le détroit sera ouvert sans péage à long terme, et c’est le genre de chose que nous allons régler lors de ces négociations techniques », a-t-il affirmé.
Téhéran a plusieurs fois assuré qu’elle entendait garder un contrôle sur ce détroit, dont les eaux bordent également Oman. Cette clause permettant à l’Iran de percevoir des frais de service maritimes pourrait freiner la reprise massive du trafic dans le détroit d’Ormuz. Au total, 46 navires ont été attaqués depuis le déclenchement du conflit, et 500 sont encore coincés dans le Golfe. De plus, Donald Trump a précisé que la réouverture nécessiterait des opérations de déminage.
Le trafic maritime ne retrouvera probablement pas tout de suite son niveau habituel, lorsque 130 bateaux transitaient dans le détroit chaque jour. « Retrouver la fluidité telle qu’on l’a connue avant la guerre, ça va être très long », a observé David Rigoulet-Roze, chercheur à l’IFAS, sur BFM Business.
Les États-Unis et l’Iran devraient conclure ce vendredi, en Suisse, un accord destiné à mettre un terme au conflit en cours. Le président Donald Trump avait affirmé que cet accord prévoirait la libre circulation dans le détroit d’Ormuz, sans péage, en contrepartie de la levée du blocus naval américain imposé à l’Iran.
Source : BFM TV
