Ormuz : l’épineuse question des détroits vue par le droit international
Le détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 millions de barils de pétrole par jour, est au cœur des préoccupations géopolitiques et économiques mondiales. Le 2 mars dernier, en réaction à l’offensive israélo-américaine, Téhéran a annoncé le blocage de cette voie maritime cruciale, provoquant une onde de choc dans l’économie mondiale.
Les détroits, en tant que bras de mer étroits reliant plusieurs espaces maritimes, jouent un rôle stratégique dans le commerce international. Environ 80 % des échanges commerciaux mondiaux en volume se font par voie maritime, avec un trafic concentré autour de quelques points névralgiques tels que le détroit d’Ormuz, mais aussi ceux du Bosphore, de Magellan, de Gibraltar, de Malacca, de Bab el-Mandeb ou de Taïwan. Ces détroits peuvent facilement devenir des verrous économiques, affectant directement les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Le droit international, à travers la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), établit des règles concernant la navigation dans ces voies maritimes. Cependant, les tensions géopolitiques, comme celles observées avec le blocage d’Ormuz, soulèvent des questions sur l’application de ces lois et sur la liberté de navigation.
En conclusion, le détroit d’Ormuz illustre parfaitement l’intersection entre le droit international et les enjeux géopolitiques, mettant en lumière la fragilité des routes maritimes essentielles au commerce mondial.
Source : Les Échos
