On attendait la pluie, on l’a eu de la pire des manières
Un violent orage de grêle a ravagé plusieurs vignobles dans le Blayais, en Gironde, mercredi 26 août. Face à ce désastre, les vignerons touchés vendangent avec une semaine d’avance pour sauver ce qui peut l’être. Après un été caniculaire, cet orage est une double peine pour les professionnels.
Dans les vignes du Blayais, le long de l’estuaire de la Gironde, c’est une véritable course contre la montre qui a débuté. Mercredi 26 août, vers 22h45, un important orage de grêle a détruit de nombreuses parcelles de vignes dans cette région. Les vignerons touchés s’efforcent de préserver ce qui reste de leur récolte.
Guillaume Martin, vigneron à Saint-Seurin-de-Cursac, explique : « On rentre les raisins en état correct avant que ça pourrisse. » Sur ses 36 hectares, deux machines à vendanger fonctionnent avec une semaine d’avance. Une de ses parcelles a été particulièrement touchée, la moitié de son raisin étant au sol. Il y a donc urgence à vendanger pour éviter le botrytis, un champignon qui se propage par temps chaud et qui entraîne des pertes significatives.
« Vendanger aussi vite et dans ces conditions, c’est très inhabituel, » confie Guillaume Martin, ajoutant que l’orage a été d’une intensité rare, avec des grêlons de deux à trois centimètres. « Ça a duré quelques minutes, mais c’était l’apocalypse. » Heureusement, son raisin était presque à maturité, et il espère produire de bons jus malgré la situation.
Cet épisode climatique inattendu survient après un été particulièrement chaud. « On attendait juste de la pluie pour avoir une belle récolte, et on l’a eu de la pire des manières, » se désole Martin. La situation est déjà difficile pour le secteur viticole, selon Nicolas Carreau, président de l’appellation Blaye-Côtes de Bordeaux. « Il n’y a pas grand-chose qui va bien. On a du mal à vendre nos vins, et maintenant la nature nous joue des tours, » déclare-t-il.
Environ 1000 hectares de vignes dans le Blayais ont été touchés à plus de 50 % par l’orage de grêle, tandis que dans le Médoc, environ 500 hectares ont subi des dommages, selon la chambre d’agriculture de la Gironde. Pour minimiser les pertes, une solidarité entre vignerons s’est mise en place pour une vendange rapide, souvent dans un délai de trois jours après le passage de la grêle.
Les conséquences de cet événement sont préoccupantes pour l’économie locale et la qualité de la production viticole.
Source : France 3 Aquitaine

