Ophélia et Pierre, témoins de la Libération de Nice, partagent leurs souvenirs historiques.

Ophélia, 97 ans, et Pierre, 101 ans, racontent leurs souvenirs de la Libération de Nice le 28 août 1944

Nice : Souvenirs de la Libération par Ophélia et Pierre Gallo

Le 28 août 1944, Nice a connu un tournant décisif avec sa libération. Ophélia Perini, âgée de 15 ans à l’époque, et Pierre Gallo, alors âgé de 19 ans, se remémorent cet événement marquant dans leur maison de Nice-Nord. « Nice s’est libérée toute seule ! C’est le Conseil national de la Résistance qui a décidé de l’insurrection. Les Américains sont arrivés trois jours après », affirment-ils.

Pierre Gallo décrit son engagement dans la résistance : « À cette époque, j’étais étudiant en commerce et je travaillais à l’usine à gaz. Un syndicat de travailleurs a décrété une grève une semaine avant la libération de Paris, le 24 août, pour saboter les installations allemandes. » Les Allemands, conscients de leur défaite imminente, étaient déterminés à causer des destructions avant de quitter la ville.

Ophélia, pour sa part, tenait un journal intime où elle a consigné ses observations. Elle se souvient du 28 août : « Les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) ont commencé à libérer Nice, mais ils manquaient d’armement. La plupart des Allemands se sont rendus ou ont fui. »

Malgré la peur omniprésente, ils se remémorent aussi des moments de légèreté. Pierre raconte une fête clandestine organisée avec des amis, qui s’est terminée par une intervention de la police. « Un de mes amis a même mangé sa carte d’alimentation pour éviter d’être arrêté. »

La libération a également apporté des changements dans leur vie personnelle. Pierre s’est engagé en politique, déclarant : « Je suis fils d’immigrés italiens, et je suis devenu communiste. » Ophélia, fille de parents communistes, a également pris part à l’engagement politique. Ensemble, ils ont eu deux filles et plusieurs petits-enfants.

Ophélia a voulu documenter cette période pour les générations futures, écrivant pour que les enfants sachent comment d’autres ont vécu ces événements. « Nous avons reçu des biscuits et des bonbons d’un soldat américain, un souvenir précieux de cette époque », conclut-elle.

Ces témoignages rappellent l’importance de la mémoire collective et le rôle actif des Niçois durant la Libération.

Source : Nice-Matin

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