Nice : Souvenirs de la Libération par Ophélia et Pierre Gallo
Le 28 août 1944, Nice a connu un tournant décisif avec sa libération. Ophélia Perini, âgée de 15 ans à l’époque, et Pierre Gallo, alors âgé de 19 ans, se remémorent cet événement marquant dans leur maison de Nice-Nord. « Nice s’est libérée toute seule ! C’est le Conseil national de la Résistance qui a décidé de l’insurrection. Les Américains sont arrivés trois jours après », affirment-ils.
Pierre Gallo décrit son engagement dans la résistance : « À cette époque, j’étais étudiant en commerce et je travaillais à l’usine à gaz. Un syndicat de travailleurs a décrété une grève une semaine avant la libération de Paris, le 24 août, pour saboter les installations allemandes. » Les Allemands, conscients de leur défaite imminente, étaient déterminés à causer des destructions avant de quitter la ville.
Ophélia, pour sa part, tenait un journal intime où elle a consigné ses observations. Elle se souvient du 28 août : « Les Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) ont commencé à libérer Nice, mais ils manquaient d’armement. La plupart des Allemands se sont rendus ou ont fui. »
Malgré la peur omniprésente, ils se remémorent aussi des moments de légèreté. Pierre raconte une fête clandestine organisée avec des amis, qui s’est terminée par une intervention de la police. « Un de mes amis a même mangé sa carte d’alimentation pour éviter d’être arrêté. »
La libération a également apporté des changements dans leur vie personnelle. Pierre s’est engagé en politique, déclarant : « Je suis fils d’immigrés italiens, et je suis devenu communiste. » Ophélia, fille de parents communistes, a également pris part à l’engagement politique. Ensemble, ils ont eu deux filles et plusieurs petits-enfants.
Ophélia a voulu documenter cette période pour les générations futures, écrivant pour que les enfants sachent comment d’autres ont vécu ces événements. « Nous avons reçu des biscuits et des bonbons d’un soldat américain, un souvenir précieux de cette époque », conclut-elle.
Ces témoignages rappellent l’importance de la mémoire collective et le rôle actif des Niçois durant la Libération.
Source : Nice-Matin

