Mali : Le Comité des disparitions forcées de l’ONU demande à Bamako de « localiser et protéger » Mountaga Tall
Au Mali, près de deux mois et demi après l’enlèvement de Maître Mountaga Tall par la Sécurité d’État, le Comité des disparitions forcées des Nations unies a exhorté les autorités maliennes de transition à « prendre des mes immédiates pour rechercher, localiser et protéger » l’ancien ministre et défenseur de la démocratie. Cette demande s’étend également à son fils, Cheick Mamadou Tall, enlevé deux semaines plus tard. Le comité a formulé cette requête dans une lettre adressée à l’État malien, consultée par RFI.
Les « demandes d’action urgente » ont été transmises à la mission permanente du Mali auprès de l’Office des Nations unies à Genève le 10 juillet, suite à une requête des avocats de la famille Tall déposée le 7 juillet. Dans cette lettre, le comité exige de l’État malien des clarifications sur la détention de Mountaga Tall et de son fils, notamment leur localisation et les charges retenues contre eux.
Le comité insiste également sur le droit pour les deux hommes de recevoir la visite de leur famille et de leurs avocats, ainsi que sur la nécessité pour Mountaga Tall d’accéder à des soins médicaux appropriés. De plus, il demande à l’État malien de garantir un procès équitable ou, en l’absence de charges justifiées, de les libérer immédiatement.
Si l’État malien ne peut confirmer leur détention, le comité exige l’établissement d’une stratégie d’enquête sur les opérations de la Sécurité d’État, incluant des détails sur les agents impliqués et les lieux de détention. Des recommandations concrètes ont également été formulées, telles que l’analyse des enregistrements de vidéosurveillance et des relevés téléphoniques de Mountaga Tall et de sa famille.
Le Comité des disparitions forcées de l’ONU a fixé un délai au 24 juillet pour que Bamako fournisse des réponses sur les mes prises. À ce jour, le ministère malien des Affaires étrangères n’a pas commenté cette situation.
Les avocats de la famille Tall envisagent également de saisir la Cour africaine des droits de l’homme. En outre, plusieurs personnalités politiques pro-démocratie, militaires et religieux ont été enlevés par la Sécurité d’État depuis le début du mois de mai, sans cadre judiciaire légal. Leur nombre exact reste inconnu.
Source : RFI
